On les appelle les adeptes du "Workation", contraction de Work (Travail) et de Vacation (Vacances). Créé il y a dix ans en Californie, ces espaces à la fois de travail partagé et de détente, commencent à se développer en France.

"Swenson House" à Audierne, un espace de coworking nouvelle génération
"Swenson House" à Audierne, un espace de coworking nouvelle génération © Radio France / Philippe Randé

C’est une maison au bord du port d’Audierne, à 15 kilomètres de la pointe du Raz dans le département du Finistère. Nous sommes à plus de quatre heures de Paris.

Au sein de la « Swenson House », ils sont plusieurs dizaines de jeunes entrepreneurs de toute la France à venir louer pour 25 euros par jour un siège, un bout de bureau et une connexion internet. 

Créée il y a moins d’un an, cette maison propose un espace de travail partagé vue sur mer.

Bureau vue sur mer
Bureau vue sur mer © Radio France / Philippe Randé

En arrivant, le décor fait plus penser à une auberge de jeunesse qu’à une entreprise ; un comptoir en bois brut, des cookies, des jus détox, du café filtre à volonté, et une planche de surf accrochée au mur. 

Ici, les « nomades digitaux », adeptes du télétravail viennent chercher un espace de travail, de dialogue, d’inspiration, mais aussi un environnement propice aux loisirs. 

Le soir , au lieu de prendre le métro, on va à la plage pour une session yoga

Kevin Le Goff est un des cofondateurs de ce bureau d’un nouveau genre. Dans son concept importé des États-Unis s’inscrit l’idée de télétravail, de communauté,  avec des séminaires, des dîners en commun, et des expositions de jeunes artistes.  

Lorsqu’on demande à Kevin s’il faut choisir entre Loisir et Travail, Kevin répond sans hésiter : 

Non, on passe directement du travail au plaisir, on a une vue à 360 degrés sur le Port d’Audierne et on peut se baigner entre deux mails, c’est ce que vient de faire une résidente il y a quelques minutes.

Des contenus en lien avec la vie professionnelle, des entrepreneurs seuls devant leurs ordinateurs mais qui partagent leurs réflexions et leurs carnets d’adresses. 

Un peu plus loin, dans le couloir, à côté d’un cadre où il est écrit "C’est du taf mais c’est du kiff", s'est installé Romuald. Ce Breton est un entrepreneur local. Il travaille dans la distribution alimentaire. En short, tong, et casquette, il vient à la "Swenson House" pour partager ses idées et s’inspirer d’autres entrepreneurs. 

Entre temps, il prend sa planche pour aller surfer :  "On peut se challenger entre entrepreneurs. On vient aussi pour s’inspirer loin de l’opérationnel du quotidien. 

Ici on rend le temps plus élastique. On discute, on échange, c’est un réseau, avec ceci de particulier qu’on a tous cette passion pour les activités en extérieur. Là je viens d’aller pêcher avec un groupe d’enfants par exemple.

"Travailler mieux pour travailler moins"

Théo, lui a  29 ans, et il est architecte naval. Il vit dans un appartement autour du port d’Audierne, mais vient dans cet espace de travail partagé pour chercher du contact et des conseils :

Moi je suis un matheux, Romuald a une expérience dans le marketing, il me donne des conseils pour vendre mes plans. Ici, pas de présentéisme à faire du 8 heures/17 heures ; quand on a fini, on va se baigner ou faire du paddle. C’est travailler mieux pour travailler moins.

Des "nomades digitaux" version 2.0
Des "nomades digitaux" version 2.0 © Radio France / Philippe Randé

Chez Swenson, on organise aussi des formations, des discussions avec des personnalités. On accueille même des vacanciers qui n’arrivent pas à déconnecter et viennent entre deux bains à la mer discrètement travailler. La maison est souvent pleine. 

"C'est du taf mais c'est du kiff", un des solgans de la "Swenson House"
"C'est du taf mais c'est du kiff", un des solgans de la "Swenson House" © Radio France / Philippe Randé

Joseph Evenat, le maire d’Audierne (3850 habitants) est ravi : 

On les voit peu, ils sont discrets mais c’est extraordinaire ! Ces jeunes viennent en vélo, se retrouvent en surfant, c’est vraiment une collectivité. J’aurais adoré travailler comme ça. On a de plus en plus de Parisiens qui viennent fuir le stress des villes et s’installer pour faire du télétravail au calme. Ça n’a l’air de rien, mais tout ça monte en puissance.

La France n’accueille pour l’instant qu’une poignée de ces nouveaux lieux qui mêlent travail et loisir, mais Kevin Le Goff est ambitieux : il envisage désormais d’ouvrir un hôtel pour faire dormir ces freelances version 4.0, avant (pourquoi pas) de diversifier et d’ouvrir d’autres "Swenson Houses" ailleurs dans l’Hexagone et en Europe.

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