Le procès de Jean-Marie Messier s’ouvre aujourd’hui à Paris. 8 ans après son départ de Vivendi Universal, J2M, comme on le surnomme, devra s'expliquer pour malversations présumées, avec six anciens responsables du groupe de media et communication. Il espère ainsi solder ses comptes avec la justice… Juillet 2002, Jean-Marie Messier quitte Vivendi Universal sous les huées et les applaudissements. En moins de deux ans, cet énarque et polytechnicien a mené le numéro un mondial de la communication au bord du précipice. La dette est colossale : 35 milliards d'euros. Tout ne va pas mieux que bien et ça ne date pas d'hier. Dans l'instruction, la dette apparaît déja en 2000, dès la création de Vivendi Universal, fruit de l'union entre Vivendi et Seagram, propriétaire d'Universal music et de studios de cinéma à Hollywood. Vont s'ajouter une soif toujours plus grande d'acquisitions et le déclin de la bulle internet. Le cocktail est fatal. Après le départ de J2M, les petits porteurs décident de porter plainte. Leur association, l'Apac, le soupçonne d'avoir menti sur l'endettement du groupe. Pour leur président, Didier Cornardeau, Jean-Marie Messier a rejoint sa marionette des guignols : J6M, Jean-Marie Messier Moi-Même Maître du Monde (interview). La chaussette trouée dans « Paris Match », un reportage télé où on le voit préparer son dîner, ou encore le duplex de New York payé par le groupe 17 millions et demi de dollars. Les exemples sont nombreux pour illustrer cette frénésie. Depuis, J2M s'est fait discret. L'an dernier, il a refait surface dans les medias. En janvier 2009, sur France Inter, il est venu parler de son livre, de la crise et des dérives du capitalisme financier, des années Vivendi Universal. Pas de mea culpa, mais une analyse du système (interview). Depuis, silence à nouveau, y compris de son avocat, mais cette vision d'un capitalisme responsable, Didier Cornardeau, représentant des petits porteurs, l'appelle de ses voeux. Il attend un exemple et une réparation. Le préjudice pour ces 300 actionnaires est estimé a 20 millions d'euros, le montant du parachute doré de J2M auquel il a dû renoncer (interview). Dans cette affaire, il y a quand même déjà eu des sanctions. Jean-Marie Messier a dû s'acquitter d'une amende de 500 000 euros infligée par le gendarme de la bourse. Mais dans le volet américain de la procédure, il vient d'être relaxé. Quel avenir pour J2M à l'issue de ce procès ? Il est d'ores et déjà assuré, selon Martine Orange, journaliste à Mediapart, co-auteure (avec Jo Johnson) du livre « Une faillite à la française », paru chez Albin Michel (interview). _____Un reportage de Nathalie Hernandez.

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