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médecin © PHOTOPQR/LE TELEGRAMM / François Destoc

Le Conseil national de l’ordre des médecins a dévoilé son atlas national démographique, aujourd’hui. Il pointe les territoires désertés par les jeunes docteurs peu désireux de rejoindre certaines régions de France.

C’est le cas à Châteauroux, dans l’Indre, où Véronique Julia a été à la rencontre de ces médecins qui font face. Tant bien que mal. Dans cette ville de 47 000 habitants, les généralistes fuient. Un fait constaté par Thierry Keller , médecin généraliste dans la commune depuis 30 ans.

Il y a une quinzaine d’années, il y avait 212 médecins généralistes dans le département et là, 157 et visiblement une dizaine de moins d’ici la fin de l’année__

Cette pénurie pousse les patients à se rendre aux urgences de l’hôpital castelroussin où le problème est le même, comme l'explique Laetitia Jeannot , directrice des ressources humaines de l'établissement. __

On a une grosse quinzaine de postes vacants (…) avec beaucoup de candidatures de médecins étrangers donc avec un diplôme étranger et assez peu de candidatures de médecins avec un diplôme français. __

La situation perdure malgré les efforts fournis qui passent par des négociations avec les praticiens sur leurs conditions d’accueil avec la mise à disposition d’un logement ou encore le salaire. Mais cela ne suffit pas à attirer de jeunes médecins.

Rachel est interne à l’hôpital de Châteauroux, elle vient de Tours et compte y retourner par la suite, en partie pour s’épanouir dans sa vie personnelle.

Pour mon ami, ça ne s’est pas très bien passé par rapport au travail. Si le conjoint n’a pas de travail dans l’Indre, on ne s’installe pas.

La jeune interne n’a pas eu le choix, en sachant que le lieu du poste est déterminé par rapport au classement à l’internat.

Quand il faudrait 15 internes, l’hôpital n’en compte que cinq, ce qui contraint les autres médecins à enchaîner les gardes. C’est le cas de Louis Soulat , chef des urgences.

On est très pessimiste. Ce qui est sûr, c’est le fait qu’il n’y est pas d’internes qui viennent, c’est une source de démotivation complète pour l’équipe. On n’a pas de perspectives à moyen et long terme pour dire, voilà, ça va s’améliorer dans quelque temps. __

Pour lutter contre les déserts médicaux, un député de la région a proposé une loi visant à contraindre les jeunes médecins à venir quelques années. Mais pour l’instant, le gouvernement mise sur l’incitation financière. D’ailleurs, l’assurance-maladie a jugé le dispositif « option démographique », mis en place pour convaincre les médecins de s’installer dans les déserts médicaux, pas assez attractif. Afin de guérir le mal, elle pense remettre un chèque de 50 000 euros aux médecins acceptant de s’installer dans les zones sous-dotées.

►►► Pour en savoir plus | L'atlas de la démographie médicale en France 2016 (PDF de 327 pages).

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