L'usine de production de sacs de caisse de Barbier
L'usine de production de sacs de caisse de Barbier © Philippe Servent / Neutral Grey / Philippe Servent / Neutral Grey

Au 1er juillet, il n’y aura plus de sacs de caisse dans les supermarchés. Six mois plus tard, la majorité des sacs des bouchers, des boulangers, des pharmaciens vont disparaître. C’est le résultat d’une disposition de la loi de transition énergétique votée il y a un peu moins d’un an.

Toute une industrie doit s'adapter, une industrie concentrée sur une vingtaine de kilomètres en plein coeur de l’Auvergne.

C'est un plateau perché à 800 mètres d’altitude, un territoire de moyenne montagne, de résineux et de prairies.C’est ici autour de la ville de **Sainte-Sigolène** , que 40% du plastique souple français est produit. 2 500 emplois directs sur un territoire de moins de 40 000 habitants. Des petites villes, des villages comme Riotord. 600 âmes et une entreprise de production de sacs plastique qui tourne au ralenti et qui sonne creux même. En plein milieu de semaine, une seule personne travaille dans l’usine de la société **Alprod** . Il s’agit de **Jacky** . Ça fait près de 30 ans qu’il s’occupe des expéditions. > Quand vous imaginez un centre de production qui tourne à plein régime et qui aujourd'hui tourne à 50% d'activité, vous comprenez bien qu'au niveau travail, c'est plus la même chose
L’avenir de Jacky et des 50 salariés d’Alprod est entre les mains du PDG **Antoine Hugonet** . Depuis le début de l’année, la production de son entreprise a fondu de 400 à 150 tonnes par mois. > Le fait d'avoir une loi, d'interdire 75 à 80% des emballages que nous fabriquions, ça fragilise l'entreprise significativement. Aujourd'hui, il y a 3000 emplois directs menacés
Selon la Chambre de commerce et d'industrie, une centaine d'emplois pourraient disparaître sur le plateau. ### Certaines entreprises ont anticipé ce chamboulement
L'usine de l'entreprises SES
L'usine de l'entreprises SES © Philippe Servent / Neutral Grey / Philippe Servent / Neutral Grey
L'industrie du sac a encore de la ressource. **Barbier** est le numéro un français du film plastique. Au début des années 2000, l’entreprise prend de plein fouet la concurrence asiatique. Les ventes s’écroulent. Quinze ans après, la loi de transition écologique change la donne : les sacs les plus fins doivent désormais être biosourcés et biodégradables. Et c'est une chance pour **Olivier Febvret** . Il est chef des ventes sacherie. > L'Asie a pris beaucoup de parts de marché du fait d'une structure de coûts différente. On va se retrouver sur des matières équivalentes en terme de tarification
Une loi qui favorise les entreprises françaises mais plus encore les entreprises qui ont cru à l'essor du sac écolo. > Aujourd'hui, on peut espérer qu'une grande partie des produits polyéthilène bascule sur du bio
C'est le pari de **Jean-Philippe Grail** depuis 2008. A tout juste 40 ans, cet autodidacte croit depuis toujours au bioplastique. Il y a six mois, il investit 7 millions d’euros dans son entreprise SES 43, c’est le montant de son chiffre d’affaire annuel. > On essaie de voir plus loin que la loi
Parmi ces autres produits, les cônes à fleurs ou les films de protection des ramettes de papier. Une diversification qui pourrait payer car le sac en bioplastique a un inconvénient : son prix, quatre fois plus cher qu’un sac de caisse traditionnel. Et un concurrent très sérieux : le**sac en papier** qui a le vent en poupe.
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