Le 2 mars 1991, il y a quinze ans ce matin, Serge Gainsbourg disparaissait à l'âge de 62 ans dans sa maison de la rue de Verneuil à Paris. Depuis, le culte de Gainsbourg, l'homme et l'artiste, n'a cessé de grandir. Au 5 bis rue de Verneuil, là où Serge Gainsbourg a vécu pendant plus de vingt ans, le mur d'enceinte de la petite maison est couvert de graffitis, de portraits de Gainsbourg, de messages de fans du genre : "vieille canaille, tu nous manques". Un autre a trouvé cette jolie formule : "tu étais odieux, te voilà aux anges !". Le mur a été repeint en blanc à plusieurs reprises à la demande des riverains. En vain. A chaque fois, il est à nouveau noirci d'inscriptions en tous genres. Rue de Verneuil, on croise souvent des fans venus en pélerinage par curiosité ou par fétichisme voir ce lieu mythique où Gainsbourg a longtemps vécu et créé ses chansons. Et parfois ils viennent de loin, exemple, Grant, originaire de Londres (interview). Quinze ans après sa mort, Gainsbourg est surtout célébré pour ses chansons et pour son talent de compositeur. C'est comme si on avait presque oublié le Gainsbarre négligé et provocateur des dernières années, ce personnage plutôt repoussant qui faisait scandale à la télé et qui ne produisait plus grand chose d'intéressant artistiquement. Aujourd'hui, cette image s'est dissipée : on redécouvre le talent de l'auteur et compositeur de génie des années 60-70. C'est en tout cas de cette façon là que les plus jeunes se sont appropriés Gainsbourg ces dix dernières années. Cédric a tous les disques, les inédits, les musiques de films. Il connait l'oeuvre de Gainsbourg dans ses moindres recoins. Et pourtant, il n'était à priori pas attiré par le bonhomme (interview). Extrait : L'une des raretés de Gainsbourg que l'on a redécouvert ces dernières années, un extrait de la bande originale du film Cannabis en 1970. Pour réunir tous les admirateurs de Gainsbourg, on parle depuis des années d'un musée dans la maison de la rue de Verneuil. Charlotte Gainsbourg s'est beaucoup battue pour faire de cette maison un musée. La mairie de Paris était d'abord intéressée, mais elle a renoncé à y participer : le "lieu est trop petit et trop coûteux", selon Christophe Girard, l'adjoint à la culture de Bertrand Delanoë. Avis partagé par les connaisseurs. Serge Vincendet, par exemple. Il est l'auteur d'un recueil des textes de Gainsbourg. "L'intégrale etc". Il s'est rendu dans la maison de la rue de Verneuil pour recueillir des manuscrits. Et lui non plus ne croit pas à l'idée d'un musée sur place. Rien d'officiel, mais l'idée d'un musée est toujours dans l'air. Un vieux rêve de fan. D'ailleurs, sur Internet, certains militent pour la création d'un musée virtuel, un site Web qui réunirait des reproductions de tous les objets fétiches de Gainsbourg. Cela n'aurait évidemment pas la même charge émotionelle que cette maison de la rue de Verneuil. Mais pourquoi pas : ça aurait le mérite de rassembler facilement les fans du monde entier car aujourd'hui le culte de Gainsbourg va de New-York à Tokyo en passant par Londres. Il est sans doute l'artiste français le plus admiré à l'étranger. Un dossier de Cyril Sauvageot.

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