Comme Mayotte, même si c’est dans une moindre mesure, la Guyane est aujourd’hui confrontée à un important problème d’immigration illégale. Sur une population totale de 184.000 habitants, ce département compterait, selon certaines sources, de 30 à 35.000 clandestins. Et cette immigration est aujourd’hui source de tension avec les Guyanais car la Guyane, qui fait plus que jamais figure d’îlot de prospérité dans un océan de grande pauvreté, est actuellement confrontée à un vrai phénomène de délinquance violente de type sud-américaine. On n'hésite pas à tirer pour quelques centaines d’euros ou pour voler un scooter. Délinquance liée à une partie de l’immigration clandestine en provenance du Brésil, du Surinam et surtout du Guyana. L’an dernier, le département de la Guyane figurait au second rang de la criminalité nationale après Paris. D’où ce sentiment d’insécurité, très mal vécu par les Guyanais. La dégradation de la sécurité en Guyane et plus spécifiquement à Cayenne et St Laurent du Maroni, engendre des tensions et parfois même des affrontements entre Guyanais et immigrés clandestins. On assiste à des règlements de compte, à des expulsions de squatteurs quand ce n’est pas la destruction de leur habitation. C’est dans cette ambiance très lourde qu’est né il y a quelques temps, un mouvement qui pourrait apparaître comme xénophobe. Le président de « Mille lettres citoyennes contre l’insécurité » Bruno Pépin se défend pourtant de tout racisme. Après une certaine passivité les autorités du département semblent décidées à réagir pour éviter les débordements mais la question de la reconduite aux frontières des clandestins reste entière. Tout particulièrement avec le Guyana qui n’a pas d’accord avec la France. La situation est d’autant plus délicate que les Guyaniens en situation irrégulière sont le plus impliqués dans des actes délictueux violents. Ils représentent d’ailleurs le quart de la population carcérale en Guyane. Pour tenter de régler le problème Léon Bertrand, le ministre du Tourisme qui est guyanais et maire de St Laurent du Maroni, s’est rendu la semaine dernière au Guyana où il a notamment rencontré la ministre de l’Intérieur Gaêlle Teixeira. Son pays, l’un des plus pauvres de la zone, est lui même confronté à une situation intérieure préoccupante du fait de délinquants chevronnés expulsés des Etats Unis et dont certains passent ensuite en Guyane. Suite à cette visite de Léon Bertrand, la première d’un membre d’un gouvernement français au Guyana, il n'y a pas eu de signature d'accord de réadmission et il faut bien le dire le Guyana semble assez peu pressé de voir revenir sur son sol des délinquants. Néanmoins, le ministre du Tourisme se veut plutôt optimiste car il a proposé au Guyana de développer une véritable coopération bilatérale. Un dossier de Christian Bauby.

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