La Grande Bretagne est-elle en train de vivre ce que la France a vécu il y a trois ans lors du débat sur le port du voile à l’école ? La question se pose depuis que Jack Straw, le ministre travailliste a exprimé son malaise devant le port du Niqab, un voile quasi intégral, et depuis qu’une enseignante a été renvoyée parce qu’elle portait ce Niqab. Comment se fait-il que ce débat ait lieu aujourd’hui ? Peut-être d’abord parce qu’il y a eu le traumatisme des attentats du 7 juillet 2005 causé par des britanniques musulmans. Peut-être aussi parce que depuis, des enquêtes ont montré que le modèle multiculturel, donc communautariste, adopté en Grande-Bretagne avait des limites. Hamid Senni s’est spécialisé à Londres dans les questions d’intégration. Et il a ce sentiment là (interview). Donc parfois en opposition avec les valeurs britanniques... Le voile intégral incarnerait cette fracture entre deux cultures qui se côtoyaient paisiblement et qui aujourd’hui se méfient l’une de l’autre. Pour autant, ce débat sur le voile n’est pas le même qu’en France, car personne ici ne vous dira qu’il s’agit qu’un problème religieux, et personne n’invoquera la laïcité. On parle de symbole de séparation, et même si vous regardez l’affaire de la croix d’une employée de British Airways suspendue par sa direction : on parle de bijou incompatible avec l’uniforme, mais personne ne vous parle de symbole religieux. Et Ruth Gledil, qui dirige le service religion du quotidien le Times explique pourquoi (interview). Alors sur quoi peut déboucher ce débat ? Sans doute sur une jurisprudence : On ne peut pas enseigner avec un niqab parce que les enfants ont besoin de voir votre visage. Mais pour le reste, même Tony Blair ne souhaite pas légiférer. D’autant moins qu’il considère qu’il ne s’agit pas d’une problématique purement nationale (interview). L’Islam aurait donc du mal à s’adapter à notre culture occidentale. Mais certains pensent aussi que nous avons du mal à accepter cette religion. C’est l’avis de Christian Lequesne. Il enseigne les sciences politiques à la prestigieuse London School of economy (interview). Ce qu’on constate en Grande Bretagne, c’est que l’affaire du voile, dans un contexte déjà tendu pour cause de lutte contre le terrorisme, crée un nouveau malaise dans la communauté musulmane qui prévoit de manifester à Londres le 20 novembre prochain. Un dossier de Jacques Monin, en direct de Londres en Grande-Bretagne.

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