À quelques jours de l'examen du projet de loi du mariage pour tous en conseil des ministres le 7 novembre, zoom ce matin sur les enfants élevés par des couples homosexuels. Ceux qui le vivent bien, et ceux qui l'ont vécu plus difficilement.

Manifestation à Paris contre le projet de loi sur l'adoption par des couples homosexuels
Manifestation à Paris contre le projet de loi sur l'adoption par des couples homosexuels © Radio France / Maxppp / Nicolas Datiche

Selon les estimations, ils seraient entre 30.000 et 300.000 en France. Ça c'est pour les chiffres, mais ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce sont les témoignages. Ceux de deux personnes élevées chacune par deux femmes. Pour l'une, cela a été un traumatisme. L'autre le vit plutôt bien.

Céline a 44 ans, Nicolas en a 15. Ils ne sont pas de la même famille mais ils ont un point commun : être nés d'un père et d'une mère... Mère qui, après son divorce, est devenue lesbienne.

Céline : "Ça renvoie à sa propre sexualité, ses propres interrogations"

Nous sommes à la fin des années 70. Céline a dix ans, et pour elle, à l'époque, le sujet est tabou.

"Je vis ça comme une honte, je ne peux pas supporter le regard de l'autre"

Pour Céline enfant, il y a certes la gêne vis-à-vis des autres. Mais il y a aussi une souffrance plus personnelle. Elle a notamment mal vécu de partager l'intimité de sa mère et de sa compagne, mais aussi l'attitude de son père biologique.

"J'ai jamais rencontré d'enfants, avec le même vécu, et étant heureux"

Céline précise aussi que son frère et sa soeur, plus jeunes qu'elle, ont moins souffert de cette situation.

Nicolas : "Ça me choquerait plus si ma maman sortait avec un garçon"

Nicolas a 15 ans, presque 30 ans de moins que Céline. C'est un élève studieux qui vit avec sa mère et la compagne de cette dernière. Et pour lui ce n'est pas un problème, même si le regard des autres peut parfois être pesant.

"Je ne le cache pas, mais je ne le crie pas sur tous les toîts"

Entre ces deux histoires, il y a tout un contexte qui a changé. Trente ans se sont écoulés entre le cas de Céline et celui de Nicolas, et en trente ans beaucoup de choses ont changé.

  • 1982 : l'homosexualité n'est plus un délit en France.
  • 1991 : elle est retirée de la liste des maladies mentales de l'Organisation Mondiale de la Santé.
  • 1999 : le PACS est voté.

Pour le sociologue Eric Fassin, c'est le regard de la société sur l'homosexualité qui a changé.

Nul doute que le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour tous contribuera à faire évoluer encore les mentalités.

Témoignages recueillis par Laetitia Saavedra.

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