Dans les entreprises, les écoles, les administrations, tout le monde se prépare à faire face à une éventuelle pandémie de grippe A. Rognac, dans les Bouches-du-Rhônne, compte 12 000 habitants. Il n'y a pas d'hôpital et comme partout, c'est le principe de précaution qui prévaut. Et la première conséquence de ce principe, c'est une réunionite aïgue, des réunions en série, à tous les niveaux de la localité, mairie, écoles, transports. Mais les consignes sont parfois contradictoires, déplore Stéphane Lerudulier, le directeur de cabinet du maire (interview). Il faut dire qu'il y a 2 ans, la municipalité avait acheté quelques milliers de masques contre la grippe aviaire. Ils n'ont jamais servi et ils ne sont pas adaptés à la grippe A. Alors si la pandémie se déclare, il sera toujours temps d'en récupérer à la sous-préfecture. En attendant, le responsable du service des risques majeurs, Eric Laprun, s'en tient au plan de sauvegarde de la ville (interview). A cela s'ajoutent les consignes d'informations à la population, par internet, par le bulletin municipal et par les panneaux d'affichage. Mais il faut se calmer avec la grippe A, tempère le maire Jean-Pierre Guillaume, qui est aussi pharmacien depuis 38 ans (interview). Dans les écoles de Rognac, on est un peu moins « zen ». L'éducation nationale a donné les premières consignes. Il n'y a qu'à les appliquer dit, Anne Plat, la directrice de cette école maternelle (interview). Mais pour les institutrices, ce n'est pas si simple (interview). Le directeur de l'école élémentaire Lamartine, Jean-Michel Mazenq, reconnaît que les enseignants vont devoir faire preuve de beaucoup de discernement (interview). Pour les transports en commun, on ne rencontre pas les mêmes difficultés. C'est beaucoup plus simple, en théorie du moins. Patrick Canillade, le directeur général du syndicat mixte qui gère 150 conducteurs et 106 bus, vient justement de recevoir la feuille de route spéciale grippe A (interview). Si la grippe touche beaucoup de conducteurs, la régie fermera simplement des lignes et mettra en place un service minumum avec priorité aux grands axes. Voilà, au-delà des consignes, et dans toutes les strates de la ville, le mot d'ordre implicite c'est : on reste calme et on voit venir. _____Un reportage d’Isabelle Dor, en direct de Marseille.

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