Fin de session hier pour les parlementaires après le vote express de quatre textes importants : le Paquet fiscal, les lois sur la lutte contre la récidive, sur le service minimum dans les transports et sur l'autonomie des universités. "Vous êtes ici chez vous, dans votre maison" avait dit Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement aux nouveaux députés en ouverture de la session extraordinaire. Après quelques semaines dans leur nouvelle demeure, c'est l'heure du bilan pour les novices élus en juin dernier, un bilan de ces premiers pas riches en difficultés, en surprises et en émotions. "Vous êtes ici chez vous, dans votre maison", avait dit Roger Karoutchi aux parlementaires en ouverture de session extraordinaire, Palais Bourbon, salle des quatre colonnes :le point de rencontre entre les députés et les journalistes. C’est la nouvelle génération des députés. Cette année, 132 débutants ont franchi le seuil de l’Assemblée nationale pour la session extraordinaire après des mois de militantisme et de campagne électorale. Et pourtant, pourtant le marathon ne s’arrête pas là. Il y a d’abord les contingences matérielles. Prendre place dans l’hémicycle par ordre alphabétique d’abord, avec son groupe ensuite, toujours au fond, bien sûr, car les places les plus proches des ministres reviennent aux députés les plus aguerris. Or, s’installer dans son bureau est un vrai défi dans cette Assemblée en travaux, si l’on en croit Philippe Gosselin, 41 ans, député UMP de la circonscription de Saint-Lo, dans la Manche. Autre difficulté, joindre par téléphone un nouveau député. Jusqu'à la semaine dernière, sur le répondeur, au bureau de Michelle Delaunay, la socialiste qui a battu Alain Juppé à Bordeaux, c'était la voix d’Eric Besson qui invitait à laisser un message. Autre découverte pour les jeunes élus : il faut s’organiser, faire l’aller-retour entre leur circonscription et la capitale. Guenaël Huet, député-maire UMP d'Avranches, passait les trois quarts de son temps dans sa ville. Il partage maintenant moitié-moitié et ce jonglage demande du souffle. La modestie, oui, mais il faut aussi savoir s'affirmer et se faire une place, ce veut souvent dire prendre la parole, proposer un amendement. André Vallini, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, n'a d'ailleurs pas manqué de féliciter, peu de temps après le début des travaux, les députés socialiste qui osaient rentrer dans l'arène. Une démarche qui donne parfois des frissons aux bizuths de l'Assemblée à l'image de Pascale Got, députée socialiste du Médoc. Pas simple, non. Il y a toujours quelques élus pour déplorer l'indiscipline dans l'hémicycle. Ceux qui se traitent de noms d'oiseaux, ceux qui coupent la parole, même au Premier ministre. Un qui n'en a pas souffert c'est Benoist Apparu, jeune député UMP de la Marne. Rapporteur du projet de loi sur les universités, il a plutôt connu son heure de gloire. Et pourtant la place aux jeunes, ça reste comme la place aux femmes : une utopie sur les bancs de l'Assemblée. Preuve que les plus jeunes n'ont pas la tâche facile : François deRugy, député Vert de Loire-Atlantique. Ses 33 printemps ont induit en erreur le personnel pour son premier jour à l'Assemblée. Ils l'ont pris pour un assistant parlementaire et l'ont mal orienté dans le Palais Bourbon. La bataille s'annonce dure pour les bizuths de l'Assemblée, mais ça sera à la rentrée. Ils ont donc un certain temps pour s'y préparer. Un reportage de Marion L’Hour

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