Après Lille et Strasbourg, France Inter continue son tour de France à moins de 3 semaines de l’élection présidentielle. Aujourd'hui, direction Bordeaux, avec plusieurs rendez-vous : Le journal de 13 heures, « Le Téléphone sonne », ce soir à 19h10 et la carte postale politique de la ville pour « humer l'air de la campagne », prendre la température dans la capitale girondine. Bordeaux, 7ème ville de France, 230 000 habitants dans une agglomération de 754 000 personnes. Bordeaux c'est une ville qui a beaucoup changé ces dernières années et le changement majeur, c'est le tramway, inauguré fin 2003. Il relie la ville de Chaban et de Juppé, une ville de droite qui avait porté Jacques Chirac en tête du 1er tour en 2002, désormais à porté de tramway de ses voisines majoritairement à gauche. Rencontre avec des habitants de l'agglomération et de certaines villes alentours en suivant une des lignes du tramway. On commence du coté de la place Gambetta, c'est en plein centre. Le petit commerce a déserté ces dernières années. Raymonde, 75 ans, va donc faire ses courses au marché des grands hommes. Elle est retraitée, sans problème particulier et elle ne s'en cache pas (interview). Ici c'est un quartier de vieux et de riches, dissertent Denis et son collègue au Globe. C'est là qu'ils boivent leur café du matin avant d'aller travailler à la Poste toute proche (interview). Denis le postier votera pour un autre postier… Le quartier de la Bastide. C'est de l'autre côté de la Garonne. Un quartier populaire, longtemps délaissé, aujourd'hui en pleine mutation. De beaux immeubles sont en train de pousser sur des friches industrielles et un pôle universitaire gestion a ouvert ses portes en septembre. Le quartier va peut être changer de couleur politique. Jusqu'à présent c'était le rose ou le rouge, façon Gilles, retraité modeste et indécis (interview). Le capital, la banque mondiale, Laurence est à 1000 lieues de tout ça. Même si elle reconnait avoir du mal à joindre les 2 bouts, la préoccupation de cette mère de famille est ailleurs (interview). Voilà, on va maintenant reprendre le tramway, direction Lormont, 21 500 habitants. Des tours, des petites barres, + de 60% de logements sociaux. En 2002, c'est Jospin qui était arrivé en tête au 1er tour devant Le Pen et Chirac. Mais la vraie gagnante, ça a été l'abstention : 33% des inscrits ne sont pas allés voter. Et ce coup ci, ce sera pas forcément mieux (interview). Alors cette ville de Lormont, elle aussi, elle change. La ligne A du tramway s'arrête pour l'instant au quartier Génicar avec ses tours qui vont bientôt tomber. Fin 2008, elle rejoindra le quartier Carriet, en pleine rénovation urbaine. 200 logements ont déjà été détruits, puis reconstruits. Des immeubles flambants neufs, et plutôt esthétiques trônent à la place des anciens bâtiments années 60. Fatma, 27 ans, y occupe un 2 pièces depuis quelques mois. Alors c'est sûr, elle y est mieux que dans son ancienne tour pleine de cafards. L'appartement est nikel, mais il est cher et tout est cher pour cette jeune femme payée au SMIC dans un hypermarché et qui doit en plus aider ses parents qui ne s'en sortent pas (interview). Et pour rêver un peu, justement, ou pour respier, quittons la ville pour la campagne, pour les vignes plus précisément. Nous sommes dans l'entre-2-mer, du côté de la Sauve, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux au Chateau Turcaud. C'est une exploitation familiale, qui s'en sort bien, ce qui n'est pas le cas de tous les viticulteurs. Ici on produit et on vend 300 000 bouteilles par an, sans passer par la grande distribution. A la commercialisation, Stephane Lemay, et son regard de bon vivant sur la campagne (interview). Un dossier de Florence Paracuellos.

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