C'était l'un des disquaires indépendants les plus réputés en France : le magasin Rennes Musique, dans la capitale bretonne, va mettre la clé sous la porte, ce samedi, après plus de trente ans d'activité. Dans un marché du disque en crise et face à la concurrence d'Internet, cette fermeture est un nouveau coup dur pour la filière. Depuis 31 ans, Rennes Musique avait survécu à tout : à l'implantation d'une FNAC, d'un Virgin Megastore, à la concurrence des hypermarchés, à l'érosion des ventes de CD. Pointu et généraliste à la fois, ce magasin était un symbole de résistance pour beaucoup d'autres disquaires français. Mais la crise du disque et le téléchargement ont fait beaucoup de mal. Avec 25 % de chiffre d'affaires en moins l'an passé, le magasin va donc devoir fermer ses portes. Coup dur pour les vendeurs, à l'image de Joël, qui travaille ici depuis 29 ans (interview). A l'approche de la fermeture, les habitués viennent faire leurs derniers achats. Exemple, Sophie, une jeune cliente, qu'a rencontrée Céline Guettaz de France Bleu Armorique (interview). Mais ce public n'est plus assez nombreux, à Rennes comme ailleurs, pour faire vivre un commerce comme celui là. Les indépendants étaient 3000 en France au début des années 80. Ils ne seraient plus que 400 aujourd'hui ! A l'heure d'Internet, les disquaires sont-ils voués à disparaître ? Certains veulent encore y croire ! Le CALIF, par exemple. C'est le Club d'Action des Labels Indépendants. Une association qui propose des aides à la création de nouveaux magasins. Le président du CALIF est David Godevais (interview). Le réseau du CALIF comprend déjà une vingtaine de magasins, de St-Etienne à Montpellier en passant par St-Brieuc ou Salon de Provence. A Paris, plusieurs boutiques indépendantes parviennent à survivre, mais même dans une capitale, c'est pas facile tous les jours. Une solution pour garder la clientèle, la spécialisation dans un seul genre. Exemple : la boutique My Electro Kitchen, dans le quartier de Beaubourg. Eric Labbé a ouvert son magasin il y a un an. Dans un décor kitsch de cuisine des années 70, il ne vend que de la musique électronique (interview). Les pouvoirs publics peuvent-ils sauver les disquaires ? On parle depuis longtemps d'une éventuelle baisse de la TVA, de l'instauration d'un prix unique comme pour les livres. Tout cela se décide à l'échelon européen et pour l'instant, l'Europe n'arrive pas à se mettre d'accord. Plus modestement, le ministère de la culture a mis en place un système d'aide aux projets innovants. Pour Sylvie Castel, chargée du dossier à la direction de la musique, il faut réinventer le métier de disquaire (interview). Un lieu hybride, quelque part entre le café, la boutique de mode, la librairie ou la salle de spectacles. C'est peut-être ça le magasin du futur, pour que les disques existent encore, ailleurs que sur Internet ! Un reportage de Cyril Sauvageot.

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