A droite comme à gauche, des dizaines de députés tournent le dos à l'Assemblée en 2017. La loi sur le non-cumul des mandats promet notamment sérieux coup de balai dans l'hémicycle.

Pour nombre de députés, l'Assemblée nationale en 2017, c'est fini.
Pour nombre de députés, l'Assemblée nationale en 2017, c'est fini. © AFP / Patrick KOVARIK

Entre le non cumul des mandats, la défiance des électeurs et un certain ras-le-bol des élus eux-mêmes, des dizaines de députés ont fait ce choix difficile : en 2017, l'Assemblée, c'est fini.

Ils sont une 50 aine chez les Républicains, environ 80 au PS, soit un quart de leur groupe parlementaire respectif dans les deux cas.

Pour comprendre, direction Vesoul, 17.000 habitants en Haut-Saône. Chaque semaine le député-maire LR Alain Chrétien fait son marché.

Alain Chrétien sur le marché de Vesoul
Alain Chrétien sur le marché de Vesoul © Radio France / Sébastien Sabiron

Elu en 2012, Alain Chrétien se conforme à la loi sur le non cumul des mandats. En juin prochain, il lui sera interdit d'exercer à la fois un mandat parlementaire et un mandat exécutif local. A 42 ans, le jeune député maire a donc choisi sa ville. Une décision difficille.

Alain Chrétien serein mais malgré tout un peu amer face à ce non cumul. Une loi mal vécue par une bonne partie des députés de droite qui ont échoué à convaincre François Fillon d'y renoncer en cas d'élection.

Dépités de l'Assemblée

A gauche aussi on jette l'éponge. Mais pas seulement pour cause de non cumul ; il y aussi une part de désenchantement. La presse les appelle les "Dépités de l'Assemblée". Parmi eux, le député socialiste du Gard Patrice Prat. A 50 ans, au terme de son premier mandat législatif, il abandonne totalement la politique.

Proche d'Arnaud Montebourg, Patrice Prat faisait partie des frondeurs. Il a voté contre la loi travail, a signé la motion de censure contre le gouvernement et ne se reconnaît plus dans la majorité qu'il était censé incarner.

Cohérence, clarté et un peu de fraicheur aussi. Les deux tiers des partants socialistes le font pour des raisons d'âge.

Martine Lignières-Cassou
Martine Lignières-Cassou © Radio France / Sébastien Sabiron

Députée du Béarn, Martine Lignière Cassou n'a que 65 ans. Mais après quatre mandats législatifs et 40 ans de vie politique, elle estime avoir fait son temps.

Avoir fait son temps

En tout cas certains n'ont pas attendu une loi pour s'appliquer à eux même le "non cumul dans le temps". C'est le cas de Laurent Grandguillaume, 39 ans, l'un des cadets de l'Assemblée qui, lui aussi, jette l'éponge après seulement un mandat législatif.

Le député socialiste de Cote d'Or a surpris tout le monde en annonçant vouloir retourner à sa vie professionnelle.

Laurent GrandGuillaume veut maintenant prolonger son engagement dans la vie associative. Il suit un master managment et ressources humaines pour retrouver un emploi. Pour le député c'est un grand saut dans l'inconnu, car outre des droits à la formation professionnelle, rien n'est prévu pour permettre à nos politiques de se reconvertir.

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