L'imam de Brest Rachid Abou Houdeyfa diffuse ses prêches sur internet
L'imam de Brest Rachid Abou Houdeyfa diffuse ses prêches sur internet © Radio France / Capture d'écran Youtube / Mathilde Dehimi

Après les attentats de Paris et Saint-Denis, le Premier ministre a promis de fermer les mosquées radicales voire de modifier le cas échéant la loi pour condamner les imams aux prêches trop sulfureux. Depuis, l’un des imams de Brest, Rachid Abou Houdeyfa apparaît comme celui qu’il faut absolument faire taire.

France Inter a pu rencontrer cet imam qui ne parle quasiment plus à la presse.

Rachid Abou Houdeyfa rappelle qu’il n’est pas poursuivi en justice et qu’il empêche aussi des jeunes de partir en Syrie et en Irak. Il explique être victime d’acharnement. "On se trompe de cible" dit-il.

Rachid Abou Houdeyfa, Brestois de 35 ans, est connu du grand public pour l'extrait d'une vidéo où il désigne la musique comme le diable devant des enfants. C'était il y a un an et demi, depuis, il s'est excusé, plaide l'erreur de jeunesse et une sortie de son contexte. Il met aussi en avant les centaines de vidéos qu’il publie et dont certaines condamnent le djihad ou les attentats du 13 novembre.

Il assume son fondamentalisme mais explique qu’il n’est plus salafiste quiétiste.

On peut lui reprocher ses prêches fondamentalistes, "danger pour le vivre ensemble , rappelle le sociologue Raphaël Liogier, auteur de l’essai Le Complexe de Suez,mais il n’est pas un danger pour la sécurité nationale."

"Il enseigne un Islam fondamentaliste dépolitisé qui s’applique aussi à Daech, c’est pour cela qu’il est menacé de mort par l’organisation état islamique. Il opère sur le même marché que Daech et les détourne de la lutte armée" le sociologue Raphaël Liogier

Les vidéos de l’imam Rachid Abou Houdeyfa ont pour certaines été vues près de 500.000 fois.

Dans son quartier de Brest, à Pontanézen, les habitants et fidèles s’inquiètent d’une possible fermeture de la mosquée Sunna. Elle est située dans une zone pavillonnaire en lisière du quartier, bien plus proche que la mosquée du centre-ville.

Certains craignent de devoir retourner prier « dans des caves », d’autres, même s’ils n’aiment pas ses positions intégristes, reconnaissent que cet imam a empêché des jeunes de partir en Syrie.