Une succession de fusillades au mois de décembre, une augmentation de près de 9% du nombre de port d’armes prohibé… Les parlementaires planchent sur le sujet et le ministère aussi. Etienne Monin, vous nous présentez un aspect particulier du trafic : la remise en état des armes qui ont été neutralisées à l'étranger. Voici la prise qui illustre l'étendue du problème. Printemps 2008, sur l'autoroute A6, une Volvo qui a déjà bien servi est contrôlée par les douaniers. Au volant, un Hollandais d'un peu plus de 40 ans, connu pour faire parti du milieu à Amsterdam. Dans son coffre: une 50ène de pistolets semi-automatiques, des Glocks 16 et 26. Ce sont des armes neutralisées. Elles ont été achetées en toute légalité dans plusieurs armureries de Barcelone pour alimenter le crime organisé d'après le commandant Thierry Oyez, chef du groupe qui lutte contre le trafic des armes au sein de l'Office Central contre le crime organisé. Interview Le Hollandais en était à son 5ème voyage. Il avait l'adresse d'un manufacturier Autrichien et de l'argent en liquide. Pour les policiers, il comptait aller en Autriche pour faire remilitariser les armes. L’Espagne est un sujet de préoccupation. C'est très facile d'acheter une arme neutralisée et de la remettre en état, explique le commissaire Jean Jacques Colombi, patron de la "Brigade Nationale de répression du banditisme et des trafics". Interview Mais ce n’est qu’une partie du problème… Les armes remilitarisées font parties des 4 filières d'approvisionnements avec les armes de guerres des Balkans, les armes volées dans les cambriolages, et celles revendues, entre autres, par les collectionneurs. D'après "l'Office Central de lutte contre le crime organisé", 200 armes remilitarisées sont saisies chaque années en France. C’est donc qu’il y a une faille quelque part… La faiblesse pour les états, c'est qu'il n'y a pas encore de standard européen de neutralisation. L’Espagne est parmi les moins rigoureux. Même s'il existe depuis 2008 une directive, il encore du travail a faire, dit le commandant Philippe Nobles, qui dirige la section Contrôle des armes a l'Office Central. Interview D’après la PJ, un pistolet Glock neutralisé en Espagne s'achète autour de 600 euros. La remilitarisation coûte de 70 a 180 euros. A la revente (cette fois sous le manteau), les prix vont de 1500 à 3000 euros. _____ Un reportage d’Etienne Monin.

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