Un reportage signé Yann Gallic, envoyé spécial en Tunisie, en direct de Sidi Bouzid, avec avec Fabien Gosset Sidi Bouzid, petite ville au centre du pays, est devenue le symbole de la révolution tunisienne. C’est ici que tout a commencé le 17 décembre dernier lorsque que Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant, s’est immolé par le feu. Aujourd’hui, les habitants de Sidi Bouzid reprennent peu à peu une vie normale en attendant les aides promises par le nouveau gouvernement. L’Etat tunisien s’est engagé à verser une subvention exceptionnelle de 260 millions d’euros aux régions rurales les plus pauvres. Quand nous sommes arrivés à Sidi Bouzid mardi, ils étaient quelques dizaines rassemblés devant le siège du gouvernorat. De jeunes villageois des alentours qui espéraient déjà toucher un peu d’argent. Mais c’est encore trop tôt, nous explique Rochdi, car les administrations fonctionnent au ralenti. Le gouverneur de la région, un proche de l’ancien régime, sera bientôt remplacé. Témoignage de Rochdi Ce nouveau gouverneur va devoir relancer l’économie locale minée par le chômage. A Sidi Bouzid, près de 60% des jeunes n’ont pas d’emploi. Pourtant, ils sont presque tous diplômés. Beaucoup de familles se sont endettées pour payer les études de leurs enfants, mais il n’y a ici aucune perspective d’avenir. Alors pour survivre, ces jeunes chômeurs enchainent les petits boulots, dans les exploitations agricoles notamment. C’est au milieu des champs d’oliviers que nous avons rencontré Armidi. Avec sa maîtrise d’informatique, cette jeune femme pourrait être enseignante. En attendant, elle doit se contenter de la cueillette des olives. Et quand on lui demande combien elle gagne, Armidi ose à peine nous répondre. Seulement 3 euros par jour :le prix d’une pizza à Sidi Bouzid. Témoignage d'Armidi - L’autre problème, c’est la corruption qui gangrène l’administration depuis 23 ans. Les habitants de Sidi Bouzid espèrent se débarrasser des fonctionnaires du RCD, l’ancien parti au pouvoir. Car sous l’ère Ben Ali, la corruption généralisée a considérablement freiné le développement régional. Ali nous a donné rendez-vous avec l’un de ses amis dans une petite boutique du centre ville. Ali est le cousin du jeune Mohammed Bouazizi, premier martyr de la révolution, cette "révolution des pauvres" comme on l’appelle ici. Témoignage d'Ali

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