Comment sauver notre mémoire audiovisuelle ? Depuis 1999, l'INA, l'Institut National de l'Audiovisuel, a commencé à numériser quelques 800 000 heures d'archives de la radio et de la télévision menacées de disparition. Menacées, car les bandes magnétiques se dégradent à toute vitesse. Une vraie course contre la montre s'est donc engagée. Selon l'Unesco, d'ici 20 ans, 80% du patrimoine audiovisuel mondial aura disparu. C'est une conséquence paradoxale du progrès technique : au fil des âges, l'homme a choisi pour conserver ses créations des supports de moins en moins durables. La pierre, le papyrus, puis le papier, le film, pour en arriver aux bandes magnétiques, dont la durée de vie n'excède pas quelques dizaines d'années. C'est une véritable auto-destruction de la totalité de la mémoire audiovisuelle du monde qui est en cours. En France, l'INA a pris conscience du problème à temps. (Interview du président de l'INA, Emmanuel Hoog). Pour financer cette migration, l'INA vient d'obtenir une augmentation significative de son budget, pour tenir son objectif : 100%. C'est un cas unique dans le monde : la France va sauver 100% de ses archives menacées, d'ici 2015. C'est un sacré chantier. Les archives qu'il faut numériser, c'est-à-dire transformer en un signal informatique, existent sur toutes sortes de supports. Des 78 tours, des bandes de toutes tailles... A Bry-sur-Marne, en banlieue parisienne, au siège de l'INA, on conserve ainsi précieusement de véritables antiquités, les machines qui permettent de lire les bandes analogiques, afin de les convertir au format numérique. (Interview de Jean-Jacques Dessaux, le responsable de l'exploitation technique, qui nous présente sa plus vieille machine). Chaque archive est d'abord copiée sur une K7 numérique. Ces K7 sont ensuite transformées en fichiers informatiques, et le tout est stocké dans une salle aux allures de bunker. Actuellement les bandes, disques, et autres cassettes occupent 120 kilomètres de rayonnages ! Mais le numérique, c'est surtout un formidable outil pour exploiter les archives. Hélène Lassaillie est documentaliste. D'un clic, elle visionne sur son écran les documents numérisés. Grâce à cette facilité d'accès, les documentalistes ont même redécouvert des archives que tout le monde avait oubliées. (Interview d'Hélène Lassaillie). On a aussi retrouvé la première télé des Stones en France, des images inconnues du camp de Drancy en 44, une interview radio de Walt Disney datant de 1949 et ça n'est pas fini. On en est seulement au tiers de la numérisation. Le grand public va avoir pour la première fois accès aux archives, via un site internet qui ouvrira au printemps 2006. Avis aux futurs utilisateurs : il est facile d'y passer des heures ! Juste pour le plaisir de réécouter par exemple quelques vieux jingles ! INFO A visiter pour ceux que le sujet passionne, le site de l'INA : www.ina.fr On y trouve déjà un bel échantillon des archives de la radio et de la télé. Un dossier de Corinne Audouin, journaliste-spécialiste des médias à France Inter.

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