Le prix Nobel de la paix 2006 a été décerné au bangladais Muhammad Yunus et à la Grameen Bank, une des pionnières du micro-crédit. Une "banque des pauvres" qui a fait des émules puisqu'aujourd'hui, on estime que plus de 90 millions de personnes dans le monde ont bénéficié du micro-crédit. Le principe, un petit prêt, quelques dizaines d'euros, qui permet de lancer une petite activité artisanale ou commerciale. Au Sénégal, l'association Femme développement et entreprise en Afrique aide des femmes sur le principe du crédit solidaire. Elle prête l'argent à un groupe de 5 ou 10 femmes qui devront s'entraider et se surveiller mutuellement, en quelque sorte, pour rembourser. Dans la banlieue de Dakar, Oumi Touré, 40 ans, s'est ainsi lancé dans le commerce (interview). Ces micro-crédits sont des crédits à court terme avec des taux assez élevés : 10 à 20% - car les frais sont proportionnellement plus importants que pour des prêts bancaires classiques. Le micro-crédit, une école de responsabilité. La FDEA obtient un taux de remboursement supérieur à 90%, en plus du principe des groupes solidaires, elle s'appuie sur des femmes leaders. Rencontre au bureau de Dakar avec Zukeina Ba, la présidente de l'association (interview). 2000 francs CFA, ça fait trois euros à mettre de côté, mais attention, avec le micro crédit, il y a aussi des pénalités en cas de retard, comme dans ce guichet de Dakar avec l'agent de crédit Abdou Cissé (interview). L'avantage de la micro finance comme outil de lutte contre la pauvreté c'est qu'elle favorise le développement de l'autonomie des personnes, des actions qui partent de la base, moins de risques de voir détourner des fonds ou de financer des projets inadaptés aux conditions locales. C'est aussi ce qui séduit les donateurs. Ici les actions sont financées par le gouvernement français et Air France, par le biais d'une ONG française, Groupe développement, qui apporte un appui technique à son partenaire sénégalais. Les associations de micro-finance ne sont pourtant pas des banques comme les autres. A côté des services financiers, accorder des prêts, gérer un compte épargne, elles ont une action sociale. Elles visent en particulier les populations pauvres et l'émancipation des femmes. La FDEA fait aussi de l'alphabétisation, des formations à la santé, et ici au commerce (interview). La micro-finance permet d'améliorer le niveau de vie, mais un des enjeux actuels c'est de faire en sorte que ces micro-activités deviennent de plus grandes entreprises. Un dossier de Sara Ghibaudo.

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