Un reportage signé Nour-Eddine Zidane, en direct d’Abidjan avec Philippe Leduc Depuis le 28 novembre et le second tour de la présidentielle, la Côte d’Ivoire est toujours plongée dans une profonde crise. D’un côté, Laurent Gbagbo reconnu président par le Conseil Constitutionnel. De l’autre, Alassane Ouattarra, chef d’Etat légitime pour la quasi-totalité de la communauté internationale. Nour-eddine Zidane a sillonné les différents quartiers de la capitale économique pour recueillir le sentiment de la population sur cette crise. Il s'est rendu, notamment, à Youpougon, le plus grand quartier d’Abidjan, à l’ouest de la ville. Et même s’il est difficile de parler de bastion, le lieu est considéré comme plutôt pro-Gbagbo. Là, autour d’un immense terrain vague, il y a des échoppes tout au long la rue. Sous un ciel couvert mais une chaleur suffocante, on vend des chaussures, des portables ou bien des bananes grillées. Et on est surtout préoccupé par des fins de mois difficiles. Certains marchés, comme à Koumassi, commencent à avoir des difficultés d’approvisionnement. Car le transport de vivres est suspendu entre Abidjan et Bouaké, au nord du pays, contrôlé par les Forces nouvelles, pro-Ouattara, en opposition au sud tenu par l’armée nationale fidèle à Laurent Gbagbo. L’ONUCI, c’est la cible favorite ces derniers jours de la RTI, la télévision d’Etat contrôlée par le camp Gbagbo et dont on entend le générique du journal de 20h. Mais l’ONUCI dément formellement parlant de tirs de sommation face à la foule. C’est "de la propagande qui alimente la haine d’une certaine partie de la population à son égard… Nations Unies qui se disent également empêchées d’enquêter sur l’existence de possibles charniers". Laurent Gbagbo souhaite d’ailleurs leur départ du pays, tout comme la force française Licorne, mais lui reste accroché à son siège présidentiel. Et la seule enquête dont il veut entendre parler, c’est sur les soupçons de fraudes dans plusieurs régions du nord. Il veut un recomptage des voix par une commission internationale, position défendue par l’avocat Jacques Vergès qui était jusqu’hier à Abidjan pour y rencontrer le président sortant. La rue veut éviter le bain de sang comme en 2002-2003. On veut s’accrocher au dernier espoir, on dit prier pour la paix. Sans pour autant faire pression sur un camp ou l’autre. L’appel d’Alassane Ouattara à marcher sur la TV d’Etat, mi décembre, et qui s’est soldé par plusieurs dizaines de morts restent dans tous les esprits. ### liens

Dossier spécial Côte d'Ivoire de la rédaction

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