La Chine est l'un des deux plus gros pollueurs de la planète. Là-bas, le changement climatique provoque des dégâts considérables sur l’environnement. Pourtant, dans le nord du pays, le lac Wolong et ses centaines de milliers d’oiseaux migrateurs viennent d’être sauvés grâce à l’intervention d’entreprises françaises.

Oiseaux migrateurs au dessus du lac Wolong
Oiseaux migrateurs au dessus du lac Wolong © Radio France / Xavier Rufray

En 2009, pour stopper la progression du désert dont les premières dunes sont à 80 kilomètres au nord, le maire de Kangping, ville d’une région pauvre, se dit qu’il faut stocker de l’eau. Il décide alors de transformer le lac Wolong en réservoir, mais sans en mesurer les effets et contre l’avis des écologistes locaux. 

Parmi eux, le professeur Zhouhai Xiang dont la mise en garde n'est pas écoutée : "Il y a eu beaucoup de discussions. Le gouvernement local pensait qu'il fallait remplir le lac d’eau au maximum. Pendant l'été 2012, ils ont commencé à garder l’eau de pluie pour faire monter le niveau du lac. Les zones marécageuses autour du lac commencent à disparaître. Beaucoup de gens avaient le même point de vue que moi, y compris des gens qui travaillent pour l’État. Mais ces fonctionnaires ne pouvaient pas s’opposer à leur chef".

Et le chef pense aussi qu’il faut aussi y jeter les eaux usées de la ville, ce qui fait encore monter le niveau du lac. 98 % des oiseaux migrateurs disparaissent. Or, le lac Wolong est une halte  internationale pour 50 millions d’oiseaux  migrateurs, comme les grues de Sibérie menacées d’extinction, il n’en reste que 3 000 individus dans le monde. 

Grue au lac Wolong
Grue au lac Wolong © Radio France / Xavier Rufray

Face à la catastrophe, la Chine fait appel à l’agence française de développement qui choisit une PME française, Biotope, pour trouver une solution. C'est Xavier Rufray le directeur de Biotope en Chine, qui a piloté le plan de sauvetage du lac : "L’aménagement a consisté à séparer le lac en deux avec une digue existante qu’on a renforcée, qui permet d’avoir un réservoir au nord, où on peut stocker deux mètres d’eau sur une surface de 4 000 hectares et au sud nous avons le cœur de la réserve avec une zone humide préservée, restaurée avec toute sa végétation originelle, qui fait 2 000 hectares et où nous allons mettre moins d’un mètre d’eau pour que les oiseaux puissent se poser et s’alimenter simplement."

Xavier Rufray, directeur en Chine de la PME frabnçaise Biotope
Xavier Rufray, directeur en Chine de la PME frabnçaise Biotope © Radio France / Dominique André

Une fois l’aménagement réalisé, les résultats sont très vite spectaculaires a constaté Mr Gao, un ornithologue local : "C’est devenu un vrai  paradis pour les oiseaux. Ils ont de quoi manger quand ils arrivent ici. Ils peuvent reprendre des forces avant de poursuivre leur migration".

Monsieur Gao, ornithologue chinois
Monsieur Gao, ornithologue chinois © Radio France / Dominique André

L’avenir appartient aux nouvelles générations qui sont formées sur place, comme le précise la jeune Pang Yu qui a fini ses études de biologie :  "C’est l'humain qui a fait changer le plus l'environnement. Si l'humain veut l’améliorer. C’est possible de le réaliser. Regarde  notre projet. Il y a eu beaucoup de difficultés. Mais enfin c'est fait !" Le lac Wolong est une réserve naturelle, certes sauvée mais toujours fragile.

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