Le Front national peut-il conquérir ce bastion de la gauche, situé au coeur du bassin minier du Pas-de-Calais ? La semaine dernière, le candidat FN, Steeve Briois, qui fait équipe avec Marine Le Pen, est arrivé en tête. En face, un Front républicain s'est constitué : NPA, Verts, PS, UMP. Tous les partis soutiennent le candidat divers gauche, Daniel Duquenne, arrivé en deuxième position. La situation est compliquée. Forcément... Parce que d'abord il faut rappeler que si cette élection a lieu, c'est parce que le maire socialiste réélu l'an dernier, Gérard Dallongeville, est en prison, soupçonné de détournement de fonds publics. Une belle occasion pour Steeve Briois et sa co-listière Marine Le Pen, de faire campagne sur l'un des thèmes fétiches du Front National : le fameux "tous pourris" (interview). Steeve Briois est plutôt confiant. Sa stratégie consiste à associer Daniel Duquenne à la gestion calamiteuse de Dalongeville, alors même que le candidat divers gauche dénonce lui aussi cette gestion depuis longtemps. Pas facile cependant de faire campagne quand le maire réélu il y a un an est en prison reconnaît Daniel Duquenne (interview). De quel côté penchent les habitants d'Hénin-Beaumont à deux jours du second tour ? La ville est surendettée. Les impôts ont explosé. Le chômage frôle les 20%. Alors beaucoup veulent donner un grand coup de balai en envoyant le Front national à la mairie. Ces deux femmes, en tout cas, ont fait leur choix. Et ce qui les énerve plus que tout, c'est le Front anti-FN (interview). Pour d'autres en revanche, il faut absolument faire barrage au Front national. Cet homme et l'un de ses amis étaient sur la liste du PS au 1er tour. Eh bien dimanche, malgré les déchirures de la gauche locale, ils voteront Duquenne (interview). Alors coup de balai ou sursaut républicain ? Sur le terrain, la dynamique semble plutôt favorable au FN qui a obtenu 39% des voix au 1er tour. Dans la rue, les gens saluent Marine Le Pen et encouragent Steeve Briois. Daniel Duquenne, lui, n'a obtenu que 20% dimanche dernier. Mais en additionnant son score et celui des autres partis du Front républicain, son potentiel grimpe à 59%. Sauf que dans le secret de l'isoloir, politique ne rime pas toujours avec mathématiques. Un reportage à Hénin-Beaumont de Ludovic Fau.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.