Le cheval, médiateur entre le thérapeute et son patient : c'est le principe de l'équithérapie. Une méthode utilisée pour soulager par exemple des handicaps physiques, mentaux, ou encore des troubles du comportement.

Sonia Boros en pleine séance d'équithérapie avec Jules 6 ans atteint de troubles d'apprentissage et du comportement
Sonia Boros en pleine séance d'équithérapie avec Jules 6 ans atteint de troubles d'apprentissage et du comportement © Radio France / Rosalie Lafarge

Toutes les semaines, Jules vient suivre à Bois-le-Roi (Seine-et-Marne) une heure d'équithérapie. Une heure pendant laquelle ce petit garçon de 6 ans se concentre sur son poney, Boy. Il le brosse, le caresse, le câline. Volontairement, Sonia Boros, l'équithérapeute, laisse l'enfant faire les choses par lui-même, jusqu'à décider du programme de la séance. 

"Quand je lui demande ce qu'il veut faire aujourd'hui, ce n'est pas que je n'ai pas d'idée", précise-t-elle, "c'est surtout pour qu'il exprime un désir. Et de plus en plus, il exprime de lui-même ce qu'il ressent". D'ailleurs, quand elle demande à Jules comment il se sent après la séance du jour, le petit garçon lui répond :"C'était vraiment bien"

L'équithérapie, plus efficace que la psychologue pour Jules

Le sourire de Jules au moment de câliner son poney semble confirmer. Et ce n'est pas sa mère, Charlotte Bagot, qui dira le contraire. "Jules, tout petit, a rencontré des problèmes de santé. Cela a entraîné un développement de plusieurs troubles : d'apprentissage, du comportement. Et surtout une très très grosse anxiété"

C'était un petit garçon toujours tendu, il avait très rarement des moments de repos où le corps était vraiment détendu. Même dans le sommeil il était tout le temps tendu à l'extrême. Il a beaucoup évolué depuis qu'il a commencé  

Une évolution beaucoup plus importante, selon sa maman, qu'après un passage chez une psychologue. Suivi en neurologie depuis tout petit, puis en orthophonie et en psychomotricité depuis trois ans, Jules a bien tenté d'aller se confier dans un cabinet, ça n'a pas fonctionné. Sa maman a donc cherché quelque chose de plus ludique. 

C'est Jules qui décide du programme de la séance, aujourd'hui une balade
C'est Jules qui décide du programme de la séance, aujourd'hui une balade © Radio France / Rosalie Lafarge

Un enfant apaisé

Elle a entendu parler de l'équithérapie et s'est dit "pourquoi pas ?" Elle ne le regrette pas ! En un an de pratique, Charlotte Bagot note chez son fils d'énormes progrès : "Le premier effet qu'on a constaté, c'est que dès qu'il sortait des séances il était léger, souriant, beaucoup plus serein. Cela se voit rien qu'à sa façon de marcher, à son attitude avec nous, à l'école, avec la famille. Ensuite il a commencé à nous raconter beaucoup plus de choses, donc il a commencé à mettre des mots sur toutes ses difficultés." 

Lui qui avait quatre à cinq réveils par nuit ponctués d'angoisses, c'est complètement fini. C'est un ressenti général

Jules, petit à petit, prend confiance en lui, parvient à nouer des relations avec les autres, arrive à être fier de lui. Une série de victoires pour le petit garçon. Et même si ça la ravit, ça n'étonne pas Sonia Boros. Équithérapeute depuis une dizaine d'années, elle travaille principalement avec des enfants et des adolescents. Et elle voit bien ce que ça leur apporte. 

Le cheval, fort de symbolique

"Le cheval est très fort de symbolique. Il est doux, il est chaud. Il peut représenter autant la mère que l'autorité, le père, assure l'équithérapeute. Mais aussi il est porteur. On l'a vu : on a mis Jules sur le poney et donc il s'est laissé porter par le cheval. Donc il prend de la hauteur, il va se sentir plus libre, il va aussi s'allonger sur le cheval, on va aller sur le lâcher-prise"

Je crois que c'est vraiment ce contact avec le cheval, le fait que le cheval soit non-jugeant. Et c'est important, parce qu'il est surtout miroir des comportements et des émotions de l'enfant, de l'adolescent, enfin en tout cas du patient

Mais cette méthode n'est aujourd'hui pas officiellement reconnue. Et c'est bien dommage pour Sonia Boros, diplômée de la Société française d'équithérapie. Parce qu'elle l'assure, même si les preuves scientifiques incontestables manquent, la méthode séduit et elle est jugée de plus en plus crédible. 

Avant de récompenser son poney Boy, Jules le câline
Avant de récompenser son poney Boy, Jules le câline © Radio France / Rosalie Lafarge

Une reconnaissance de l'Etat ?

"Maintenant ce qu'il faudrait c'est que l'État accorde plus de crédit à ce diplôme, réclame Sonia Boros. Parce qu'un enfant pourrait avoir un complément par la sécurité sociale. Cela aiderait ses parents : on voit bien Jules, il fait de l'orthophonie, de la psychomotricité, de l'équithérapie (une soixantaine d'euros la séance). Il faut avoir les moyens quand même. Donc une reconnaissance du diplôme, oui, une prise ne charge par la sécurité sociale, encore mieux".  

Faute de reconnaissance, aujourd'hui la discipline n'est pas réglementée. N'importe qui peut donc s'autoproclamer équithérapeute. D'où l'importance de se renseigner (sur la personne, pas forcément sur le cheval) avant d'aller consulter.

A la fin de la séance, Jules semble apaisé et plus léger qu'en arrivant
A la fin de la séance, Jules semble apaisé et plus léger qu'en arrivant © Radio France / Rosalie Lafarge
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