Manifestation contre l'expérimentation animale
Manifestation contre l'expérimentation animale © MaxPPP / Pascal Lachenaud

Après avoir organisé un débat au Parlement européen le 11 mai dernier, l'Union européenne doit se prononcer sur l'expérimentation animale. Chaque année, plus de onze millions d'animaux meurent dans les laboratoires européens.

Le nombre d'animaux utilisés aux États-Unis est plus de deux fois supérieur. Autant dire que même hostile, une éventuelle décision européenne ne signifierait pas la fin de l'expérimentation animale. Mais l'existence même d'un débat au Parlement européen est une victoire pour les militants anti-vivisection : pour l'obtenir, il leur a fallu recueillir plus d'un million de signatures d'une pétition citoyenne largement soutenue et relayée en France notamment par la Fondation30 millions d'amis .

2,2 millions d'animaux dans les labos français

Les expérimentations sont réalisées en majorité sur les singes et les souris. Mais les poissons (le poisson-zèbre est de plus en plus utilisé en toxicologie notamment), les oiseaux, les escargots, les chiens et les chats sont également utilisés par les labos... 2,2 millions de bêtes en France en 2010. C'est beaucoup, en raison d'une double utilisation : les études pour la connaissance pure et celles pour tester les médicaments.

Martine Meunier est primatologue et chercheuse au Centre de recherches en neurosciences de Lyon. Ses études portent sur le fonctionnement du cerveau. Les primates sont étudiées avec des méthodes non invasives comme l’IRM :

Ivan Balensard, vétérinaire et chercheur à l’Institut de neurosciences de la Timone à Marseille, explique pour sa part que les expériences sur les animaux sont régies par la directive européenne de 2010, l’une des plus strictes au monde. Parmi les règles, la lutte contre la douleur :

La directive européenne oblige les chercheurs à trouver des méthodes alternatives. S’il en existe, les protocoles d’expérimentation avec les animaux peuvent être refusées. Mais les méthodes substitutives, comme la recherche sur cellule ou les puces électroniques, ne suffisent pas encore à remplacer le modèle animal, assure Ivan Balensard :

Remplacer les animaux par des cellules ?

La règle des "trois R" (réduire, remplacer, raffiner) vise à réduire au maximum le nombre d'animaux, mais dans le même temps, avant d'administrer un médicament à l'homme, il doit obligatoirement être testé sur l'animal, arguent les chercheurs.

Emmanuel Procyk, neurophysiologiste au CNRS et spécialiste du cerveau, ne voit pas l’expérimentation animale disparaître rapidement. Il explique pourquoi :

À chaque pathologie son modèle. Depuis les expériences de Claude Bernard, les connaissances en biologie ont beaucoup progressé et on a affiné les recherches. Même si un modèle animal n’est pas un modèle humain, certains animaux se rapprochent suffisamment de l’homme pour permettre une meilleure compréhension des processus biologiques, souligne Suilan Ben Hamed, chercheuse au CNRS :

Ce que contestent les opposants à ces expérimentations. Leur argument ? Une souris ou un singe n'est pas représentatif d'un homme. Il suffirait de les remplacer par de simples cellules, car tout se passe au niveau du gène.

Claude Reiss est le président d’Antidote Europe, à l’origine de la pétition :

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