Jeudi, nouvelle journée d'action à l'appel des principales organisations syndicales, manifestations à Paris et en province. Les sujets de crispation sont nombreux. En première ligne, la réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle. Nicolas Sarkozy a annoncé que les villes, les départements et les régions pourraient continuer à financer la culture, mais on attend toujours que le texte entérine cette promesse. Or, étranglées par la baisse de leurs ressources, les collectivités ont dans leur budgets 2010 commencé à diminuer leurs aides. La crainte aujourd'hui : que l'inquiétude se transforme en colère. François Le Pillouer, directeur du théâtre national de Bretagne et président du Syndeac, le syndicat du spectacle vivant, redoute un été de festivals pertubé, comme ce fut le cas en 2003 (interview). Que dit le ministre Frédéric Mitterand ? Sur ce sujet, pas grand chose. Interpellé récemment, lors de la cérémonie des Molières, par le comédien Nicolas Bouchot qui est monté sur scène lire un texte exprimant les inquiétudes du secteur, voici la réponse du ministre (extrait). Alors pour bien comprendre ce qui risque de se passer, prenons l'exemple d'une compagnie, primée aux Molières d'ailleurs, celle de l'auteur et metteur en scène Joël Pommerat, la Cie Louis Brouillard. Elle n'est pas installée dans un théâtre, pour monter une création, elle doit donc lancer un tour de table, une co-production. Eric Soyez est le scénographe de la compagnie (interview). Autre sujet de discorde dans le monde culturel, le conseil pour la création artistique, créé et présidé par Nicolas Sarkozy, dirigé par le producteur de cinéma Marin Karmitz. C'est un laboratoire d'idées, qui ne dépend pas du ministère et ça, ça irrite beaucoup dans le milieu, malgré la faiblesse de son budget, 10 millions d'euros, que certains estiment pris sur celui de la culture. Faux répond Marin Karmitz, cette structure légère qui doit encore faire ses preuves, on verra, a le don de cristaliser les rancoeurs, pour ne pas dire les haines. Les noms d'oiseaux fusent, les acteurs culturels qui ont accepté d'y participer se font insulter. En fait, c'est assez révélateur du climat général. Olivier Meyer, membre de ce conseil et directeur du théâtre de l'ouest parisien à Boulogne, voudrait que l'on dédramatise ce débat (interview). _____ Un reportage de Thierry Fiorile.

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