La ministre du travail Myriam El Khomri à l'Assemblée Nationale
La ministre du travail Myriam El Khomri à l'Assemblée Nationale © Reuters / Charles Platiau

Le projet de loi Travail est examiné à partir de ce mardi à l'Assemblée nationale. Depuis plusieurs semaines, le texte est contesté dans la rue par les syndicats et les salariés. Mais certains patrons remettent aussi en cause cette loi.

Emmanuel Amon dirige Viareport, une PME de 80 salariés spécialisée dans les logiciels financiers, située dans le 10ème arrondissement de Paris.

La loi El Khomri, il en espérait beaucoup. Au fil des débats et des modifications, ce chef d'entreprise est devenu sceptique. Le texte présenté ce mardi à l'Assemblée nationale devrait laisser une plus grande place aux accords d'entreprises.

Dans les faits, le chef d'une petite entreprise devra, en cas de négociations, mandater un salarié. Une initiative jugée inutile par Emmanuel Amon, président du centre des jeunes dirigeants.

Nous n'avons pas encore de représentations syndicales.

Ce n'est pas l'unique problème pointé du doigt par le chef d'entreprise. Annoncée dans la première version de la loi, la barémisation des indemnités aux prud'hommes a été amendée en commission. À présent, le texte fixe des règles permettant aux patrons de PME et TPE de licencier plus facilement.

À la suite d'une baisse importante du chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, un trimestre suffira pour licencier au sein d'une société de moins de 11 salariés et deux trimestres dans une entreprise de plus de 50 personnes. Une idée qui ne fait pas l'unanimité.

La porte reste ouverte à des risques de délais extrêmement longs.

Si j'avais attendu deux trimestres, je pense que je ne serais plus là aujourd'hui pour vous parler.

D'autres pensent que la loi ne va pas assez loin et n'offre pas assez de libertés aux chefs d'entreprise. Thomas Godey, avocat spécialisé en droit social , conseille Emmanuel Amon depuis plusieurs années. Il aimerait voir les patrons avec plus de droits.

Là, on essaie de plaquer un système pour toutes les entreprises. Écouter

Matthieu, un employé de Viareport, n'est pas rassuré par ces facilités de licenciement. Néanmoins, il reconnaît le besoin de flexibilité des entreprises.

Un entrepreneur, quand il embauche, c'est d'abord pour faire croître son entreprise

Avec le début de l'examen parlementaire du projet de loi Travail, la semaine s'annonce une nouvelle fois compliquée pour le texte porté par Myriam El Khomri. Dans le but de modifier la loi, 4983 amendements ont été déposés, en majorité par les députés de gauche , qu'ils soient communistes, frondeurs socialistes ou députés de la majorité.

Amendements à la loi travail
Amendements à la loi travail © Visactu / Visactu
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