J - 6 avant les élections cantonales. On en parle beaucoup moins mais les 9 et 16 mars, nous voterons aussi pour renouveller la moitié des conseillers généraux, les élus qui administrent les départements. Elections cantonales : comment ça marche, à quoi ça sert et d'abord pourquoi n'en parle-t-on pas plus ? La première explication, c'est que ces dernières années, elles sont toujours associées à un autre scrutin beaucoup plus médiatique et qui leur fait de l'ombre. Cette fois-ci, ce sont les municipales - c'était la même chose en 2001. En 1998, il y avait les régionales - idem en 2004. La deuxième explication de l'intérêt très limité des citoyens pour ces élections, c'est qu'elles ne concernent jamais tout le monde à la fois. En France, il y a 4.041 cantons et autant de conseillers généraux, qui sont élus pour six ans mais qui sont renouvellés par moitié tous les trois ans. Dimanche prochain, on ne vote ainsi que dans un peu plus de 2.000 cantons. Du coup, seule "en gros" la moitié des électeurs sera concernée. Et puis il y a un autre facteur qui peut expliquer la perplexité de certains devant les cantonales, c'est la notion même de canton. On voit clairement ce qu'est une région ou un département, mais le "canton", on ne voit pas bien. Surtout en ville, où parfois dans une rue, le côté pair est situé dans un canton et le côté impair dans un autre. Ceci ne favorise pas franchement, ni la passion ni la lisibilité du scrutin pour l'électeur. Un scrutin pourtant important, en tout cas si l'on en juge par les nombreuses missions des Conseils généraux. Missions de plus en plus nombreuses - conséquence des lois de décentralisations - celles de 82, 83 puis 2004. Les Conseils généraux ne s'occupent pas uniquement des routes, ces fameuses routes départementales, brocardées par Jean Yanne, souvenez-vous (son Jean Yanne). Non, surtout qu'on ne s'y trompe pas, les conseillers généraux ont des pouvoirs et des budgets considérables, comme l'explique le PS Claudy Lebreton. Il préside l'Association des départements de France (interview). Voilà, on ne le sait pas assez mais les conseillers généraux sont bien ce qu'il faut appeler des élus de proximité en ce sens qu'ils ont à gérer, comme ils le disent eux-même, de la naissance à la fin de vie. Notamment à travers l'action sociale. Mais alors qui sont les conseillers généraux ? Existe-t-il un modèle type ? Question posée au politologue Michel Bussi, professeur à l'Université de Rouen : petit portrait robot des conseillers généraux : plutôt de vieux messieurs (interview). Le conseiller général serait donc un notable, une expression qui fait bondir Maurice Leroy, président de l'Union des conseillers généraux de France. Lui préfère mettre en avant le travail solitaire de l'élu de terrain (interview). Le mode de scrutin, c'est un scrutin uninominal à deux tours, comme pour les députés, avec toutefois une nouveauté cette année. L'obligation pour chaque candidat de présenter un "remplaçant" de sexe opposé. Une mesure censée favoriser la parité - les assemblées départementales ne comprenant aujourd'hui que 11% de femmes. Mais une mesure sans grand effet, estime Anne d'Ornano, qui fut la première femme à présider un Conseil général - celui du Calvados. Mesure sans grand effet, dit-elle, parce que les suppléantes ne seront élues qu'en cas de décès des titulaires (interview). Donc voilà, tout ça est extrêmement joyeux, l'arrivée des femmes dans les Conseils généraux dépend donc de la capacité de résitance des messieurs. Depuis les dernière cantonales de 2004, la gauche est majoritaire dans les départements. Elle en préside 51 et la droite 49. Sachant qu'avant 2004, la droite avait toujours été majoritaire. Aujourd'hui l'UMP lorgne ainsi sur 8 départements, dont la Seine-et-Marne où un seul siège sépare les deux camps. De son côté, le PS espère également 8 nouveaux départements parmi lesquels la Corrèze, dont François Hollande vise la présidence. Les scrutins ça et là seront donc très serrés. Pour conclure, les départements ont également en charge désormais les anciennes routes nationales (son Jean Yanne). Un dossier de Frédéric Pommier.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.