Puits de pétrole dans le Bakken, gigantesque gisement du Dakota du Nord
Puits de pétrole dans le Bakken, gigantesque gisement du Dakota du Nord © Radio France/Frédéric Carbonne

A la veille des élections américaines, gros plan sur la révolution économique aux États-Unis. Pour la première fois cette année, ce pays a exporté plus de gaz et de pétrole qu’il n’en a importé, il se rapproche donc de l’indépendance énergétique. Et cela grâce à la technique tellement controversée en France, de la fracturation hydraulique, ce forage jusqu’à trois kilomètres sous terre qui permet d’extraire gaz et pétrole de schiste.

Frédéric Carbonne s'est rendu au Dakota du Nord, là où se trouvent toutes ces ressources. Il a constaté une véritable ruée vers l’or noir.

Bienvenue dans le Bakken, ce gisement gigantesque à la frontière avec le Canada, où les puits de pétrole poussent comme des champignons et deviennent le décor principal de ces terres agricoles. Il se produit là plus d’un million de barils par jour.

Notre guide s’appelle Eileen, elle est installée depuis 40 ans. Cette fermière a dix puits sur ses terres et les compagnies lui versent plus de 5.000 dollars par mois et par puits. On comprend effectivement son intérêt pour cette révolution industrielle. Eileen nous fait visiter ses terres, nous montre un derrick plus grand que les autres qu’elle a du coup baptisé "l’arbre de Noël". Et elle se souvient que ses parents lui parlaient de ce sous-sol gorgé de pétrole qui ne pouvait pas être exploité. Aujourd’hui, tout a changé.

Eileen

Les conditions de vie sont précaires pour les ouvriers, pourtant il ne manquent pas de volontaires

ouvrier irlandais
ouvrier irlandais © Radio France/Frédéric Carbonne

Il y d’autres bénéficiaires de cette manne pétrolière et. pas seulement les propriétaires de puis de pétrôle.

D’abord tous ceux ouvriers, techniciens qui sont prêts à endurer le rude climat du Dakota du Nord.

Les conditions de vie sont précaires, beaucoup viennent avec leurs caravanes ou vivent dans les algéco de leur employeur. Mais le salaire minimum tourne autour de 20 dollars de l’heure.

Alors on arrive de partout aux États-Unis et même d’Europe, comme Peter, un irlandais qui remplit les cuves des camions.

Un millionaire de plus par jour

Au cœur de cette gigantesque plate-forme pétrolière en pleine campagne, la ville de Williston accueille ces nouveaux résidents. La population a été multipliée par dix en quelques années. Le maire se flatte d’avoir un millionnaire de plus quotidiennement. Bien sûr, cela attire les investisseurs.

François Alvandi vient de Las Vegas, il a en chantier trois casinos, son 4x4 rose flamboyant est garé devant le café qu’il vient d’acheter.

L’entrepreneur qui déménage avec femme et enfant, c’est quand même l’exception. A Williston, on vient généralement travailler dans le pétrole en célibataire, pour quelques années maximum. Étrange ville qui compte 70% d’hommes et où l’on croise très peu d’enfants.

Les conséquences pour l’environnement n'intéressent pas grand monde

L’exploitation a été lancée à grande vitesse et peu de gens posent les questions qui fâchent sur les conséquences possibles pour l'environnement et l'avenir de ces territoires.

Voici par exemple que dit Eilleen la fermière quand on lui demande si elle ne craint pas des accidents, si elle n’a pas peur pour la qualité de l’eau..

Eileen

Kris Kitko, une chanteuse folk du Dakota du Nord, activiste militante, a tenté de combattre cette part d’ignorance. Elle s’est engagée au début de l’exploitation de ces gisements il y a quelques années. Mais elle s’est sentie bien seule, face à la puissance des compagnies pétrolières et à l’appât du gain.

Kris Kitko

Aujourd’hui, Kris Kitko continue de s’interroger. Pourquoi par exemple les tests avant les forages ont été bâclés ? Et elle vient d’écrire une deuxième chanson sur ce paysage qu’elle considère comme défiguré et ces déchets qui s’accumulent dans la nature. Cela n’empêchera pas de nouveaux puits de pétrole de pousser, mais c’est la façon qu’elle a choisi de protester.

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