C'est la rentrée universitaire et il y a du nouveau dans l'accès à l'université. A partir de cette année, les élèves de terminale devront déposer un dossier de pré-inscription dans la fac de leur choix dès le mois de février ou mars, et non plus en juillet, une fois le bac en poche, comme c'était le cas jusque-là. Le ministre délégué à l'Enseignement supérieur, François Goulard, a présenté cette mesure comme un remède aux erreurs d'orientation et au taux d'échec très important des premières années. 40 % des étudiants n'obtiennent pas leur DEUG. Est-ce que ce dispositif est bien accueilli et qu'est-ce-que ça va changer ? Concrètement, les lycéens déposeront un dossier de pré-inscription en février-mars. Si par exemple, un élève très bon en maths souhaite faire une fac de sciences, pas de problème, il pourra s'inscrire. S'il a des difficultés en revanche, on lui proposera un entretien pour lui conseiller une autre filière. Alors quand on demande aux intéressés - les élèves de terminale - il y a ceux, plutôt minoritaires, qui ont une idée très précise de ce qu'ils veulent faire. Souvent des filières sélectives comme les IUT ou les classes prépa. C'est le cas de Cécilia par exemple, en terminale L (interview). La plupart des jeunes qui viennent de rentrer en terminale ne savent pas encore quelle fac choisir, et pour Alexandre, en terminale ES, ce sera difficile de se décider en février ou mars (interview). On sait que trop souvent, malheureusement la fac est un choix par défaut, alors que les classes prépas, les IUT, ou les BTS sélectionnent sur dossier. Alors est-ce-que cette mesure est une façon d'introduire une forme de sélection à l'entrée l'université ? La réponse est non bien sûr pour le gouvernement. François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur, affirme que ce n'est absolument pas une sélection (interview). Les présidents d'université ont réagi favorablement. Les lycéens choisissent parfois des filières sans connaître vraiment les débouchés professionnels, ce qui engendre beaucoup d'échecs dans les premières années. Exemple : les études de psychologie attirent beaucoup mais 10% des étudiants seulement seront psychologues. La sélection, c'est vrai qu'elle existe, elle se fait, à l'issue de la première ou de la deuxième année. Chaque année 80 000 étudiants quittent l'université sans diplôme. Le problème, c'est l'orientation, le point faible du système éducatif français. L'éducation nationale ne dispose que de 5000 conseillers d'orientation-psychologues pour 6 millions de collégiens et lycéens. Jacques Lévi, conseiller au Centre d'Information et de Documentation Jeunesse de Paris, constate des inégalités dans l'accès à l'information (interview). Or, les bacheliers technologiques ou professionnels ont beaucoup moins de chances de réussir leurs examens à la fac que ceux qui ont un bac général. Et alors quelle est la réaction des syndicats de l'Education Nationale ? Ils se demandent si les universités auront les moyens. D'étudier les dossiers, de convoquer les élèves de terminale à des entretiens. Luc Bentz, secrétaire national à l'UNSA-Education, s'interroge (interview). Et puis il y a aussi cette question : est-ce qu'un élève moyen dans une matière au lycée ne peut pas se révéler meilleur à l'université ? Est-ce qu'on ne doit pas donner une chance à certains ? Pour beaucoup d'élèves, cette mesure peut être ressentie comme une pression de plus. C'est le sentiment de Manuel, en terminale L (interview). Du temps, il n'en reste plus beaucoup, quelques mois et les choix seront faits ! Un dossier de Sonia Bourhan, spécialiste des questions d'éducation à France Inter. Au "Téléphone sonne" ce soir, à 19h20 : PREINSCRIPTION DES LYCEENS A L'UNIVERSITE : PROGRES POUR L'ORIENTATION OU SELECTION DEGUISEE ?

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