Le Malawi petit état d'Afrique de l'Est, est l’un des pays au monde les plus ravagé par le SIDA. 12 millions d'habitants, près d'un million atteints du VIH. Chaque année, 80 000 personnes meurent de cette maladie. Dans ce pays où les femmes sont plus touchées que les hommes, essayer d’endiguer l'épidémie, c’est notamment s'attaquer à la transmission mère-enfant. D'abord pour mieux connaitre le Malawi, c'est un pays où les messages de prévention sont partout : à la radio, sur les bouteilles d'eau. C'est un pays agricole à 90% où l'économie subit les ravages du sida, car dans les champs, il y de moins en moins de bras en bonne santé pour travailler la terre. Un pays où l'un des ministres a avoué avoir perdu 3 de ses enfants du SIDA. Il l'a dit publiquement car le tabou est encore lourd là-bas. Et c'est maintenant un pays où la lutte contre le sida est un thème de campagne. Le pouvoir en place s'est lancé dans un programme de distribution gratuite d'anti-rétroviraux. 100 000 personnes sont sous traitement cette année. L'objectif est de 250 000 en 2010. Et dans cette prise de conscience globale, il y a donc la prévention contre la transmission mère-enfant. Direction la salle d'attente de l'hopital pédiatrique Baylor. C'est l'hopital de référence, situé à Lilongwe, la capitale du Malawi. La pièce est bondée de parents et d'enfants dans l'attente d'une consultation. La plupart donnée par des étudiants américains en médecine, en fin d'étude. Car cet hopital est financé en partie par une fondation du Texas. Chaque année, dans ce pays, il y a environ 100 000 nouveaux cas de SIDA. 30 000 sont des bébés, des nouveaux nés. Chaluni est né en début d'année, sa maman l'amène régulièrement en consultation dans cette clinique (interview). Alors concrètement, comment peut-on limiter ce risque de transmission mère-enfant ? Il existe une molécule qui permet de réduire considérablement ce risque - de 30% environ, et des études scitentifiques l'ont prouvé. Un comprimé à la mère avant l'accouchement. Et un autre au bébé, dans les 72 heures qui suivent sa naissance. Au Malawi, cette molécule est distribuée dans plus de 140 centres de soins. Certes, mais il y a surtout, la réalité du terrain qui rend les choses beaucoup plus compliquées. Le professeur Anthony Harries est le Monsieur Sida au Malawi. C'est un anglais qui suit l'épidémie dans ce pays depuis 20 ans (interview). Et puis dans un pays aussi pauvre se pose aussi la question de l'accès aux soins. Le problème est encore plus crucial dans les zones rurales. Car pour la première fois, depuis que l'épidémie ravage le pays, le taux de prévalence serait à la baisse dans les villes, et autour des villes. En revanche, il continue de progresser dans les campagnes, où l'information a plus de mal à passer et où le suivi des mères et de leurs enfants est plus dur à assurer. Gérard Genevois, est chef de mission pour MSF Grèce. Il travaille dans le district de DOWA, au nord de la capitale Lilongwe (interview). Ce soir dans "Et pourtant elle tourne", l'émission de Jean-Marc Four à 18h10 sur France Inter, un autre aspect de la lutte contre le sida au Malawi sera évoqué , cellui de l'exil du personnel médical. 1 médecins, 28 infirmières pour 100 000 habitants. C'est l'un des taux les plus bas du monde, alors que les besoins, on vient de l'entendre, sont majeurs. Un dossier de Vanessa Descouraux.

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