Dernier portrait de la série consacrée aux athlètes discrets mais valeureux qui défendent la France aux JO de Rio : Stéphanie Tirode, membre de l'équipe de France de tir.

Stéphanie Tirode, de l'équipe de France de tir, sélectionnée trois fois aux JO (autant que Teddy Riner)
Stéphanie Tirode, de l'équipe de France de tir, sélectionnée trois fois aux JO (autant que Teddy Riner) © Radio France / Béatrice Dugué

Elles sont rares les mamans aux Jeux Olympiques, mais Stéphanie Tirode est l'une d'elles : l’athlète a deux filles de 13 et 7 ans, Jeanne et Rose, et fonder une famille ne l'a absolument pas empêché de poursuivre sa carrière de haut niveau. Même enceinte, elle a continué à coller la balle dans la cible, avec son pistolet d' 1kg à bout de bras et, dans ce cas-là, "les appuis, les sensations changent", explique-t-elle.

Stéphanie Tirode s'absente donc une petite quinzaine de jours pour aller disputer les Jeux Olympiques. Ce sont ses troisièmes, mais aussi les premiers sans son mari Walter Lapeyre, qui vient de prendre sa retraite internationale, et qui complétait, ces derniers temps, le travail de l'entraineur. Car la famille est rôdée aux absences pour compétition des deux parents : dans ces cas-là, les papys et mamys qui habitent à côté ont l'habitude de prendre le relais.

Aucun culte de l’image

Les deux filles commencent à prendre conscience que leurs parents sont des champions. D’ailleurs, elles en parlent manifestement un peu à l'école, ce qui vaut quelques réflexions étonnées à Walter Lapeyre : " Des instituteurs m’ont déjà posé la question ‘est-ce que c’est vrai ce que dit votre fille, vous allez aux Jeux Olympiques ?’, l’air de dire qu’elle se raconte des histoires… ".

"Nous la jouons modeste aussi vis-à-vis des enfants" précise son épouse Stéphanie Tirode, "elles s’en rendent compte quand des fois on passe dans le journal ou à la télé , mais il n’y a pas de photo de nous sur un podium ou de trophée, on n’est pas dans ce culte de l’image. A la maison, quand on rentre, on est papa-maman"

Et c'est aussi pour cela qu'à peine la compétition terminée, - médaille ou non autour du cou -- la championne de tir au pistolet va rentrer, pour repartir en vacances avec sa famille.

Et à la rentrée, retour au boulot : Stéphanie Tirode travaille au secrétariat du CREPS de Talence, avec une convention d'insertion professionnelle. Le Creps, la direction Jeunesse et Sports d'Aquitaine, ainsi que la fédération française de tir financent cet emploi, qui reste une source d'épanouissement pour la championne : "En ne m’entrainant plus qu’une seule fois par jour, je me suis dit que ce serait compliqué. Mais je me suis rendu compte que je pouvais faire aussi autre chose que du tir et des trous dans un carton, que j’étais aussi compétente ailleurs".

Une discipline "artisanale"

Promis, si elle décroche une médaille, Stéphanie Tirode offrira le champagne aux collègues en septembre. Pas de risque que ça lui tourne la tête de toutes façons : le tir n'est pas très médiatique. Pour Walter Lapeyre, ses athlètes ne jouent pas dans la même cour que les stars :

C’est de l’artisanat, même si demain on gagne les Jeux Olympiques, on sait qu’on ne va pas changer de vie financièrement, donc on reste très attachés aux valeurs simples du sport, de la performance, et le plaisir de pratiquer. C’est le moteur, avant tout le reste.

Le plaisir aussi, à mener une carrière de haut niveau dans la discrétion, loin de la pression médiatique, histoire, peut-être, de ramener la médaille surprise.

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