LBO. Trois lettres du jargon financier qui commencent à faire irruption dans le débat public. Apparues en France dans les années 80, ces LBO sont des opérations qui permettent à des fonds d'investissements de racheter, à crédit, des entreprises vendues par des actionnaires familliaux, ou des filiales de grands groupes. Objectif : les revendre quelques années plus tard ou les introduire en bourse avec une belle plus-value. Les magasins Picard, le Printemps, l’opticien Afflelou, les restaurants Courtepaille, ou Pages jaunes des centaines d’entreprises sont concernées et de plus en plus grosses. LBO - en anglais Leverage Buy Out. En français achat avec effet de levier - permet d'acheter une entreprise avec un apport minimum. L’entreprise remboursera ensuite la dette d’acquisition avec sa trésorerie. Le fond cherche à accroître très vite la rentabilité car il ne compte en général pas rester plus de 3 à 5 ans. Philippe Matzkowski a créé avec la CGT un collectif LBO qui dénonce les conséquences sociales (interview). La situation est peut-être plus contrastée… Cégélec a perdu 3 000 emplois depuis 2001. Noos, l'opérateur du câble, a annoncé la suppression de deux postes sur 3. Mais beaucoup d'entreprises sous LBO connaissent une croissance du chiffre d'affaire et des effectifs. Ce qui est bien l'objectif assure Patrick Sayer, le directeur de l'AFIC, l'association française des investisseurs en capital (interview). Une particularité des montages en LBO, c'est aussi la possibilité d'associer les cadres dirigeants, voire les salariés. On parle alors de LBMO, le M pour "management". Après trois reventes successives avec cette formule, le PDG de LOXAM, Gérard Desprez, en est ainsi devenu le propriétaire principal. Tout a commencé en 1994 quand un grand groupe a souhaité se séparer de cette filiale spécialisée dans la location de matériel (interview). LOXAM reste endettée à 80% de son capital. L'homme que vous allez entendre maintenant avait jusqu'à récemment un poste à responsabilité dans une entreprise sous LBO, sans y être associé. Son témoignage reste anonyme parce qu'il a signé un accord de confidentialité lors de son départ. Il compare le LBO à un sprint avec une grosse carotte mais beaucoup de risques (interview). Des entreprises qui sont donc particulièrement sensibles à un retournement de la conjoncture ou à une hausse des taux d'intérêt. Certaines ont fait l’objet de plusieurs LBO et ont vu leur valorisation augmenter très rapidement, ce qui amène à se demander si, comme pour les sociétés internet des années 2000, il n’y a pas une bulle spéculative autour des LBO. Un dossier de Sara Ghibaudo.

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