La 8ème édition de l'Asian Télévision Forum vient de se terminer à Singapour. Pendant trois jours, des milliers de participants sont venus signer des contrats, pour coproduire, vendre, acheter des programmes audiovisuels. Sur place, la France comptait 20 sociétés, emmenées par TV France international. C’était l'une des plus grosses délégations. Il faut dire que vendre en Asie les programmes français demande une bonne dose de volontarisme. Pas facile, le marché asiatique. Tous les vendeurs de programmes français en conviennent. En 2006, la France a réalisé 8% de ses exportations audiovisuelles dans la zone Asie pacifique, soit 9,3 millions d'euros. Difficile, car la concurrence est rude, explique Julien Leroux, responsable des ventes pour AB distribution (interview). Exit donc "The Avignon prophecy" - "La prophétie d'Avignon" ou "The Rookies" - la série "Les Bleus". En revanche, pour l'animation et le documentaire, les perspectives sont réjouissantes, avec la naissance de nouvelles chaînes et de nouveaux débouchés sur internet, ou le téléphone mobile. Cette année, Anne Charbonnel, responsable des ventes d'Arte, a vu ainsi arriver de nouveaux acheteurs d'Asie du sud Est, à la recherche de documentaires (interview). Au-delà de la fascination pour les marques, la culture française est souvent perçue comme élitiste. Même dans les pays où la France a laissé des traces, comme au Vietnam, où travaille Antoine Vaillant. Il est venu prospecter pour le groupe industriel vietnamien Tan Tao, qui s'apprête à lancer la première chaîne privée du Vietnam (interview). Il s'agit donc de changer l'image des programmes français. C'est ce à quoi s'attachent les vendeurs, avec quelques jolis succès, comme la série écolo de Yann Arthus Bertrand, « Vu du Ciel », vendue par France télévison Distribution dans pratiquement toute l'Asie ; ou quelques dessins animés phares, « Totally Spies » produit par Marathon, « Shuriken School » de la société Xilam. Des exemples qui prouvent que la France a une carte à jouer en Asie. A l'exception de ce marché quasiment impénétrable : la Chine continentale. Entre quotas d'importation et censure, le dialogue avec les acheteurs chinois peine à s'établir, comme en témoigne cet échange entre Carole Brin, chargée des ventes chez Carrère, et Teresa Wen, à la recherche de fictions pour la chaîne CCTV (interview). Au final, même le vénérable commissaire Maigret est « too violent ». L'approche des jeux olympiques n'y change rien : la Chine reste le marché le plus fermé au monde. Pourtant les acheteurs chinois disent qu'ils n'ont rien contre les programmes français. Après tout, sourit M. Chen Hu de la chaîne Beijing TV, "votre président est bien venu nous vendre des airbus et des centrales nucléaires, mais la culture c'est plus compliqué à vendre que les avions." Un dossier de Corinne Audouin.

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