Cinq ans après, le musée a-t-il eu l'impact économique espéré pour la région, à l'image de la ville de Bilbao citée en exemple à l'époque ? Pour l'instant, le rebond se fait attendre...

Extérieur du Louvre-Lens en 2012
Extérieur du Louvre-Lens en 2012 © Maxppp / Yoan Valat/EPA

Lorsque vous arrivez à Lens, difficile de ne pas entendre les bruit de pioches, de pelleteuses : preuve de changement, de transformation. Reste que face à la gare, un homme fixe la facade d'un immeuble délabré, en friche, la première vue qu'ont les visiteurs lorsqu'ils arrivent en ville.

Michel Lewandowski, c'est son nom, est un homme du cru et surtout un investisseur. Son projet, pour 19 millions d'euros : transformer  ce vieux cinéma à l'abandon en hôtel. Deux autres établissements de ce type doivent sortir de terre, et pour Gilles, propriétaire d'un gîte en centre-ville, il était temps : "Ils ont été un peu longs à arriver ! Maintenant, on attend de voir. _Si l'objectif de Lens était de devenir Bilbao, pour l'instant c'est loupé._"

En attendant les hôtels, les chambres d'hôtes et les meublés touristiques ont poussé comme des champignons dans la région. Entre Lens et Liévin, on en compte plus d'une centaine aujourd'hui. Tout ça est bon pour l'économie  du territoire. Pour Laurent Duquenne, chargé d'études à la mission bassin minier, les choses se mettent en place peut-être doucement, mais sûrement.

Le territoire est en mouvement, une dynamique se crée. Ça commence à se traduire notamment au niveau du taux de chômage. Sur la zone d'emploi de Lens-Liévin, il a diminué de 2,5 points. Au niveau régional et national, la baisse a été d'un point sur la même période.

Beauoup moins emballé que ça, Bruno Rozik tient un restaurant d'une soixantaine de couverts à Lens, et il est vice-président de la chambre de commerce. Le chômage qui aurait baissé grâce au Louvre, il n'en est pas si sûr : "Il y a d'autres paramètres qui font que le chômage a baissé. On a une perte de population, il ne faut pas l'oublier, Lens est passée sous la barre des 32.000 habitants. _La première année, on avait embauché 18 personnes, on est revenu à 13 personnes, parce que l'activité n'était plus au rendez-vous._"

Attirer à nouveau les jeunes

Pour voir ce tableau s'éclaircir, il faut s'approcher du musée. Là, on trouve un "OVNI" de 300 m², la "Louvre-Lens Vallée", un incubateur de start-ups dirigé par une jeune trentenaire, Wafaa Maadnous. Des jeunes y travaillent en musique à des projets numériques autour de la culture.  Depuis son ouverture, dans la foulée de celle du musée, pas moins de 440 000 euros de fonds ont été levés grâce à cet incubateur, devenu LA pépinière des starts-ups de la région.

Depuis le début, on en a accompagné plus 25, encore existantes et qui continuent de se développer.

Point positif, surtout : les jeunes qui quittaient le bassin minier avant, sans même réfléchir, commencent à revenir. Comme François, un geek plien d'idées, de retour dans le Pas de Calais depuis peu. "Au début, j'ai été sur Amsterdam. Mais au final, on nous propose un incubateur à Lens, dans un très beau cadre, pour moi il n'y a rien de mieux."

Pour François, la région a aujourd'hui, avec le Louvre et le reste, les moyens de regarder vers l'avant. Sentiment partagé par cet autre entrepreneur croisé sur place, qui a carrément décidé de quitter la Silicon Valley (et un emploi chez Apple) pour retrouver le pays des ch'tis où il avait grandi...

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