Trois semaines après la fermeture de la gare Saint-Lazare et la fin de la grève des conducteurs, la SNCF lance cette semaine une opération « cartes sur tables » pour aller à la rencontre de ses « clients » en Ile-de-France. Au petit matin en gare de Bonnières, Louis Gomez, fait signer une nouvelle pétition avec son comité d'usagers, pour ceux qui prennent le train tous les jours depuis Mantes-la-Jolie, Poissy, ou la Normandie. Avant, pendant ou après la grève... c'est toujours la galère ! (Interviews d’usagers) Et le train est arrivé à Saint-Lazare, en retard. Cette grève de Saint-Lazare a connu une dramatisation particulière. Il est question de durcir la loi sur le service garanti à l'origine. C'est pourtant un conflit local assez classique. Mi-décembre, la SNCF met en place un nouveau cadencement. Des trains qui partent à intervalles réguliers... 7h15... 7h40... 8h15... 8h40 etc... Cela permet de mettre plus de trains. Mais les syndicats dénoncent le manque de moyens. Le dialogue social ne fonctionne pas. Le bras de fer va durer un mois, grâce à un nouveau procédé : le dépot de deux préavis reconductibles, de 24H et de 59 minutes. 59 minutes, c'est seulement une vingtaine d'euros perdus. Et les syndicats utilisent la possibilité de sortir et de reprendre la grève. Paradoxalement, c'est désormais permis. Le conseil constitutionnel l'a autorisé vu la limitation du droit de grève introduite par la loi sur le service garanti d'août 2007. Dominique Malvaud de Sud Rail assure que cette idée est née après une discussion avec la fédération des usagers des transports (interview). Autre élément déterminant dans ce conflit : l'agression d'un conducteur à Maisons-Laffites. Le 13 janvier, les conducteurs "posent le sac" comme ils disent. Ils débrayent. La SNCF fait fermer la gare, par peur d'une confrontation entre les agents et les voyageurs, dit-elle. Un coup de théâtre qui finalement permet aux grévistes d'obtenir satisfaction alors que la grève était en train de s'enliser. Une coïncidence, pas de la récupération, assure Laurent Langlin de la FGAAC, premier syndicat de conducteurs à Saint-Lazare (interview). La SNCF réunit aujourd'hui une table ronde avec les syndicats pour, notamment, réfléchir à cette question : comment exprimer son émotion après une agression sans paralyser le trafic ? Fallait-il une grève aussi longue pour quelques postes de conducteurs en plus ? La CGT, elle, s'était retirée le 31 décembre. Joël Guillebaud n'hésite pas dire qu'il y a eu de la surenchère syndicale (interview). Difficile pourtant de dire qui sortira gagnant des élections professionnelles à la SNCF, le 26 mars. Le conflit des conducteurs de Nice, lui, se poursuit... et là, Sud-Rail n'est pas présent. Un reportage de Sara Ghibaudo.

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