En Corse, après l'arrivée des nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni à la tête de la nouvelle collectivité territoriale, enquête sur l'une de leur revendications : un "statut de résident", qui réserverait le droit d’acheter de l’immobilier à ceux qui vivent dans l'Île de Beauté depuis plus de 5 ans.

Reportage en Corse, à propos du statut de résident : ici le village de Cuttoli-Corticchiato
Reportage en Corse, à propos du statut de résident : ici le village de Cuttoli-Corticchiato © Radio France / Cyril Graziani

Les nationalistes corses ont déjà assuré Paris de leur détermination, notamment sur le futur statut de "résident" censé protéger l'île de la spéculation immobilière : une chimère ?

Une vieille bâtisse à vendre, dans le village de Cuttoli-Corticchiato
Une vieille bâtisse à vendre, dans le village de Cuttoli-Corticchiato © Radio France / Georges Tho

À une vingtaine de kilomètres d’Ajaccio, dans le village de Cutoli-Curtichiatto (2000 habitants), en moyenne montagne, il y a eu spécificité, avant même que l’Assemblée de Corse ne le vote en 2014. Son maire, le nationaliste Jean Biancucci, avait fait voter une délibération - attaquée ensuite par la préfecture et annulée par le tribunal administratif - pour mettre en place son propre statut de résident, et freiner la spéculation qui a frappé son village.

Le nationaliste Jean Biancucci, maire du village de Cutoli-Cortichiatto
Le nationaliste Jean Biancucci, maire du village de Cutoli-Cortichiatto © Radio France / Georges Tho

Si demain les prix continuent à monter, tout notre patrimoine sera acheté par des gens de l'extérieur, qui auront davantage les moyens

Un statut dérogatoire qui ne fait pas l’unanimité en Corse.

La disposition a certes été votée sous l’ancienne majorité radicale de Paul Giaccobi, avec des oppositions vives : Marie Anne Pieri, par exemple, élue à l’Assemblée de Corse, et notaire de profession, qui considère cette mesure inefficace.

Est ce que lorsque quelque chose devient rare, il devient plus cher ?

En outre, la mesure ne créerait pas deux types de résidents - ceux de moins de 5 ans, et de plus de 5 ans - mais il y en a un troisième peu connu : celui de la diaspora, qui concerne entre 2 et 3 millions de personnes dans le monde.

Les nationalistes  sourds aux critiques

Sur le statut de résident, comme sur l’autonomie, ou le rapprochement des prisonniers dit 'politiques', Paris a toujours opposé une fin de non-recevoir : le sujet sera au cœur des discussions qui auront lieu avec la ‘madame Corse’ du gouvernement Jacqueline Gourault, attendue ce vendredi à Ajaccio.

Si chacun campe sur ses positions, une crise institutionnelle, voire violente pour certains, risque bien de s’ouvrir en Corse.

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