Le terrible incendie de la Grenfell Tower est pour certains un révélateur de l’austérité, du manque de normes et des inégalités sociales en Grande-Bretagne. Reportage.

La tour Grenfell
La tour Grenfell © Radio France / Antoine Giniaux

C'est un réfrigérateur qui, le 14 juin dernier, a causé l'incendie de la Grenfell Tower à Londres. Mais ce sont bien les revêtements extérieurs de l'immeuble de 24 étages, inflammables, qui auraient provoqué la catastrophe que l'on connaît : au total, on compte 80 morts selon un bilan provisoire. Quatre personnes sont toujours hospitalisées, dont une dans un état critique.

Les habitants se sentent abandonnés

Plusieurs centaines d'habitants n'ont toujours pas de solution à long terme. L'association Justice 4 Grenfell demande le relogement des habitants et dénonce l'abandon des pouvoirs publics. Benazir Lasharie a grandi dans le quartier. Son appartement actuel était à quelques mètres de la Grenfell Tower ; il est inutilisable. Depuis, Benazir dort à l'hôtel avec ses enfants. Comme des centaines de riverains, elle réclame des solutions pour tous les habitants, et dénonce l'abandon des pouvoirs publics.

Des milliers de personnes ont défilé ce samedi dans les rues de Londres contre les mesures d'austérité du gouvernement de Theresa May. Les manifestants estiment aussi que l'incendie de la tour Grenfell est le plus tragique exemple des conséquences de l'austérité. Comme les survivants du drame, ils accusent les gestionnaires de l'immeuble HLM d'avoir fait des économies aux dépens de la sécurité, parce que les locataires venaient de milieux modestes.

Hommage aux victimes de l'incendie de la tour Grenfell
Hommage aux victimes de l'incendie de la tour Grenfell © Radio France / Antoine Giniaux

La rénovation à bas coût pointée du doigt

Les élus locaux qui gèrent l'office HLM du quartier, le plus riche de Londres, sont sous le feu des critiques pour avoir réclamé une réduction des coûts des travaux de rénovation de l'immeuble HLM en juillet 2014. Ils ont changé d'entreprise après l'appel d'offre pour économiser 300.000 euros. Conséquence : le sous-traitant a choisi des panneaux d'aluminium, moins chers, mais également moins résistants au feu que les panneaux en zinc prévus à l'origine. Ils auraient favorisé la propagation des flammes, piégeant des dizaines d'habitants en quelques minutes. Or ce revêtement aurait été utilisé dans la rénovation de centaine de tours à travers le pays.

Le gouvernement britannique teste actuellement 600 immeubles à risque. Jusqu'ici, 181 ont été testés, et 100% d'entre eux sont inflammables et présentent un danger.

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