Centrale au charbon de Jänschwalde
Centrale au charbon de Jänschwalde © Radio France / Sauvageot

Après la sortie du nucléaire, l’Allemagne pourrait-elle abandonner le charbon ? Alors que s’ouvre dimanche le G7 présidé par Angela Merkel – avec le climat à l’ordre du jour – Berlin s’interroge sur l’avenir de ses centrales au charbon, particulièrement polluantes.

C’est le paradoxe de la transition énergétique allemande. L’Allemagne fait figure de bon élève en matière d’énergie verte. Mais le charbon reste de loin la première source d’énergie du pays, 45 % contre 27 pour les renouvelables. Avec des prix du charbon au plus bas, et la sortie du nucléaire décidée en 2011, les centrales tournent à plein régime. Avec des conséquences désastreuses pour l’environnement. Selon un rapport de l’ONG WWF, trois des cinq centrales les plus polluantes d’Europe se trouvent sur le sol allemand.

La centrale de Jänschwalde , près de la frontière polonaise, dans le bassin minier du Lausitz, est un bastion historique de l’industrie du charbon :

Cinquante -cinq millions de tonnes de « lignite » sont extraites des sous-sols ici chaque année. Dans la région, plusieurs milliers d’emplois dépendent du charbon. Mais depuis quelques mois, les salariés craignent pour leur avenir, à l’image de Gert Hermen , en poste depuis 15 ans.

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Gert Hermen

En cause, le nouveau plan climat du gouvernement fédéral, qui prévoit d’instaurer une taxe sur les centrales les plus polluantes. Pour que l’Allemagne tienne ses objectifs de réduction de CO2, l’industrie du charbon va devoir réduire la voilure, avec 22 millions de tonnes d’émission en moins dans les cinq prochaines années. Cet effort passera forcément par des fermetures de sites et des suppressions de postes. C’est ce que redoute le syndicat IG-BCE, et sa porte-paroleUte Liebsch .

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Ute Liebsch

Fin avril, À Barlin, quinze mille personnes étaient dans la rue pour mettre la pression sur le gouvernement, et défendre leurs emplois.

Un sujet politiquement délicat

Le charbon fait partie de la tradition industrielle allemande. Le ministre de l’énergie en charge du dossier – le vice-chancelier Sigmar Gabriel – va devoir faire des compromis. Il l’a reconnu récemment à la télé publique allemande.

Ce dont nous avons besoin, c’est de protéger à la fois et l’emploi et l’environnement. L’un et l’autre sont aussi importants… Et je suis sûr que nous pouvons y arriver. Je crois que les prises de position extrêmes n’apportent rien au débat

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Sigmar Gabriel

Pour les défenseurs de l’environnement, Berlin ne doit pas reculer sous la pression du lobby minier. L’Allemagne doit préparer l’après-charbon, estime René Schuster . Il est membre de la Grüne Liga un groupement d’associations écologistes du bassin du Lausitz.

Il est normal que pendant une période transitoire, nous ayons encore besoin d’une part de charbon pour compenser la sortie du nucléaire. Ce qui n’est pas normal en revanche, c’est que depuis quelques années, nous produisions en grande partie pour exporter ! La part de charbon doit baisser progressivement dans les prochaines décennies, pour laisser place au développement des énergies vertes .

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René Schuster

Comment concilier les intérêts économiques et environnementaux ? C’est toute la difficulté. Pour l’instant, une sortie du charbon n’est pas à l’ordre du jour. Le plan climat doit être bouclé dans les prochaines semaines. Le temps presse si l’Allemagne veut tenir ses objectifs : 40% d’émissions de CO2 en moins d’ici 2020 .

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