C’est aujourd’hui la première journée mondiale de lutte contre l'exploitation sexuelle, une journée qui abordera notamment la question des mariages forcés. Elles ont en général entre 12 et 21 ans. En France, 70 000 jeunes filles en seraient aujourd'hui menacées. Un chiffre qui date de 2004, une simple estimation puisqu’il est difficile d’évaluer le phénomène. Extrait d'une pièce de théâtre écrite par des lycéens de Seine-Saint-Denis. Fatou Diouf pourrait y reconnaître ce qu'elle a vécu il y a dix ans. Cette jeune femme de 27 ans, coquette, sûre d'elle, nous reçoit dans son minuscule bureau de l'association qu'elle préside. Elle est née en France, de parents sénégalais. Un jour, avant les grandes vacances, son père lui annonce qu'ils ont gagné un voyage au Sénégal (interview). Malgré tout, Fatou Diouf a pu divorcer et se reconstruire. Aujourd'hui, dans son association « Femmes solidaires du 91 », à Sainte-Geneviève-des-Bois, elle aide à son tour les jeunes filles concernées. Et elle vient de témoigner dans un livre : « Le scandale des mariage forcés », aux éditions du Rocher . Pressions, séquestrations, et des violences qui peuvent aller très loin. En octobre dernier, à Toulon, une lycéenne de 18 ans a eu le ventre et le visage lacérés au couteau par sa famille. Elle refusait d'être mariée en Algérie à un homme de 30 ans. Les associations connaissent le danger, et quand il le faut, cachent les jeunes filles. Justine Rocherieux est formatrice au sein du GAMS, le groupement des femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles et contre le mariage forcé (interview). Laver l'honneur. Un archaïsme aujourd'hui, issu de pratiques coutumières. Les mariages forcés concernent les familles dites issues de l'immigration, essentiellement l'Afrique de l'est, le Maghreb mais aussi l'Asie et la Turquie. Une pratique qui s'estompe avec le temps passé en France. La loi française exige le libre et plein consentement des futurs époux. Le mariage civil doit avoir lieu avant la cérémonie religieuse, et non l'inverse, comme c'est le cas dans beaucoup de mariages forcés. En avril 2006, la loi a changé. Les jeunes femmes doivent maintenant avoir dix huit ans pour pouvoir se marier, et les unions douteuses peuvent faire l'objet d'enquêtes. Mais elles restent aujourd'hui très difficiles à prouver. La garde des sceaux, Rachida Dati, a évoqué l'idée d'une loi spécifique qui ferait du mariage forcé un délit. Ecoutez ce qu'en pense Christine Jamma, de l'association « Voix de femmes » (interview). Un reportage de Marie Bernardeau.

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Page spéciale Mariages forcés, viols au quotidien

www.mariageforce.fr

Un site internet de prévention et d'information, qui a récemment vu le jour.

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