Les abattoirs AIM risquent la liquidation
Les abattoirs AIM risquent la liquidation © Radio France / Laurent Kramer

La filière porcine est en pleine crise : après GAD en Bretagne l'an dernier, ce sont les abattoirs normands d'AIM, dans la Manche, qui risquent la liquidation judiciaire vendredi. Environ 400 emplois sont menacés et les salariés sont vent debout.

Leur abattoir ne fonctionne plus, il est à l'arrêt depuis deux semaines Les salariés d'AIM occupent le site de Sainte Cécile vec des piquets de grève et des barrages filtrants 24h sur 24.

La veille de Noël, ils ne recevaient qu'un chèque de 500 euros : la direction, incapable de payer l'intégralité des salaires, avait assuré le minimum. Car AIM accuse une dette de 24 millions d'euros : l'entreprise est même en liquidation judiciaire depuis le 6 janvier.

Des industriels du secteur sont venus consulter le dossier de reprise et n'ont pas fait d'offre pour l'abattoir de Sainte-Cécile, un seul repreneur proposait de laisser tomber l'abattoir pour ne reprendre que l'activité de découpe et ne conserver que 118 des 398 salariés du site, ce qui a immédiatement déclenché la grève . Il n'y a aujourd'hui aucun repreneur officiel pour l'ensemble de l'activité d'abattage.

Un symbole de crise profonde du porc français

Les salariés d'AIM mobilisés contre la fermeture
Les salariés d'AIM mobilisés contre la fermeture © Radio France / Laurent Kramer

Beaucoup d'abattoirs tournent aujourd'hui en sous régime. Sur le site de Sainte-Cécile, cela représente 2 000 porcs en moins à la semaine, une baisse de 8 % de l'activité. Elle est combinée à une autre baisse, celle du prix du porc, exceptionnellement bas puisqu'aligné sur la concurrence européenne. L'équation économique devient impossible à résoudre pour les abattoirs comme pour les éleveurs.

Les filières allemande et espagnole sont capables de produire du porc 5 à 10 % moins cher que la viande française, grâce au dumping social des travailleurs détachés polonais ou ukrainiens. Mais aussi grâce à des filières d'élevage et de transformation plus centralisées qu'en France, où le paysage agricole n'a rien de comparable aux "usines à cochons" du reste de l'Europe.

Selon la fédération nationale porcine ce sont 300 éleveurs de porc qui jettent l'éponge chaque année, des exploitants condamnés à s'endetter de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Aujourd'hui, la fillière porcine française demande aussi des comptes à la grande distribution. La Fédération nationale porcine dénonce "une guerre des prix suicidaire pour l'élevage français".

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.