Par Hélène Roussel Le Gouvernement avait promis d'évacuer 300 des 600 campements illégaux et de multiplier les reconduites à la frontières pour les Roms en situation irrégulière. On en parle moins ces temps-ci, mais les évacuations se poursuivent. Pas plus tard qu'hier à Lyon et Créteil, et puis il y a les campements menacés : Bobigny, où des obligations de quitter le territoire ont été distribuées il y a quelques jours, ou encore Montreuil : des familles, expulsées de leur squatt, pour finir leur course ici, dans une petite rue du XXème arrondissement de Paris. Un atelier d'artistes, exigü et enfumé sur deux étages. On entre par le garage, poutres apparentes, café sur la table, poussettes et matelas un peu partout. - Sait-on justement combien ils sont à avoir été renvoyés en Roumanie cet été et à être déjà revenus en France ? C'est mission quasi impossible. Ce qu'on sait, et c'est le ministre de l'Immigration qui l'a dit hier devant l'Assemblée nationale, c'est qu'il y a eu sur les 9 premiers mois de l'année un peu moins de 6 000 "retours aidés" : des Roms qui ont donc accepté les 300 euros pour rentrer chez eux. En revanche, selon Eric Besson, on ne compte pas loin de 7 000 retours forcés. Sollicité, personne au Ministère n'a souhaité nous accorder d'interview à ce sujet. - Mais est-ce qu'on peut dire qu'il y a eu une augmentation des reconduites à la frontières dernièrement ? En tous cas, ce n'est pas ce que constatent les associations qui dénoncent plutôt une dégradation des conditions de vie au quotidien. Exemple : des Roms menacés et humiliés par des hommes cagoulés dans les Yvelines la semaine dernière, illustration selon Dominique Soppo, président d'SOS racisme, d'un climat général nauséabond. Enfin, rappelons que si la France a échappé à une sanction de Bruxelles à la mi-octobre, elle reste malgré tout sous surveillance, soupçonnée toujours de pratiques discriminatoires.

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