C'est aujourd'hui que débute à l'Assemblée l'examen d'une proposition de loi sur la création d'un "service citoyen pour les mineurs délinquants". Un sujet très polémique, à aborder de façon pragmatique. Le reportage de Corinne Audouin.

L'EPIDE de Montry
L'EPIDE de Montry © Radio France / Corinne Audouin

Selon la loi, il s'agit de proposer à des jeunes de 16 à 18 ans d'aller passer entre 6 et 12 mois dans un Etablissement d'insertion de la défense nationale, un EPIDE, sur décision d'un juge, à la place d'une sanction.Les EPIDE fonctionnent déjà : il y en a 20 en France, qui accueillent actuellement 2.500 jeunes majeurs de 18 à 25 ans, pour un projet de réinsertion professionnelle..

A Montry, petit village de Seine-et-Marne, avec son château de style Renaissance au coeur d'un parc de 45 hectares est installé l'un de ces établissements. Pas de mur d'enceinte, pas de guérite... Ici, tout le monde se vouvoie, s'appelle "monsieur" ou "madame", et tout le monde porte l'uniforme : pantalon bleu marine, polo bleu clair. Le personnel est pour moitié issu du secteur social, pour moitié formé d'anciens militaires.

Au programme de l'EPIDE, outre la levée des couleurs et la Marseillaise, une remise à niveau scolaire et la définition d'un projet professionnel. La moitié des jeunes entrés dans ces centres sortent avec un travail ou une formation. Et la discipline militaire, pour ces jeunes aux parcours cabossés, ça peut être une planche de salut. Comme pour Stacey.C'est donc dans ces centres que la loi Ciotti prévoit d'accueillir des mineurs délinquants. Et le problème, c'est qu'actuellement, ces jeunes sont des majeurs, en règle avec la loi, et surtout volontaires. Ajouter des mineurs contraints d'y venir, c'est prendre le risque de détruire cet équilibre. Faudra t il construire des murs pour les mettre à part ?

A la direction de l'EPIDE, on attend prudemment de connaitre les modalités d'application de la loi. S'occuper de mineurs délinquants, ce n'est pas la même chose. Pour Catherine Sultan, juge des enfants au tribunal de Créteil, les mineurs délinquants n'ont rien à faire dans les EPIDE, même si elle reconnait leur travail : ce n'est pour elle pas la vocation de ces lieux.

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