A Dakar, la capitale sénégalaise, le pouvoir a fêté ce week-end en grande pompe le cinquantenaire de la fin de la colonisation. Alors cinquante ans après, qu’est devenu le Sénégal, qu’a-t-il fait de son indépendance ? Dakar et son centre ville sont la vitrine du pays. Pas très représentative du Sénégal. Les hôtels de luxe, les casinos, les discothèques fleurissent sur la corniche, les routes sont goudronnées, mais il suffit de faire quelques kilomètres pour découvrir un tout autre visage. Celui par exemple de Pikine, en banlieue, 1 million et demie d’habitants. Autant que la population du Gabon. On y arrive par la nouvelle autoroute mais si tôt qu’on entre dans les rues, on est plongé au cœur d’un gigantesque bidonville. Certains quartiers vivent même les pieds dans l’eau, inondés toute l’année, comme le raconte Oumar, un peintre de quartier (interview). Cela fait 20 ans en réalité que les nappes phréatiques sont saturées. A chaque élection, le gouvernement promet des canalisations mais depuis 20 ans, toujours rien. Les conséquences sanitaires sont dramatiques pour cette mère de famille de 10 enfants (interview). La réalité de ce quartier, c’est aussi l’immigration clandestine. Le chomage ici est endémique. Les jeunes, souvent issus de l’exode rural, préfèrent quitter le Sénégal en pirogue plutôt que de rester dans leur pays. Seckane a tenté sa chance il y a quelques années (interview). Les chiffres sont sans appel. 70 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté au Sénégal, avec moins de 2 dollars par jour. Dans ces conditions, beaucoup d’observateurs sont très pessimistes, très critiques comme ce sociologue réputé : Djibi Diakhaté (interview). Ce sociologue parcourt aujourd’hui le pays, pour tenter de dissuader les jeunes de partir. Et son discours commence à faire écho comme auprès de cet étudiant en droit, El Mamadou Ndyae. Il vit lui aussi en banlieue mais il croit encore en son pays (interview). _____Un reportage de Sébastien Laugénie avec Gilles Galinaro en direct de Dakar au Sénégal.

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