Le salon des « Serious Games » avait lieu lundi à Lyon, pour la semaine du jeu vidéo et du numérique en Europe. Ces logiciels utilisent les mêmes technologies que les jeux vidéo traditionnels mais ont pour but d'apprendre, simuler ou sensibiliser. Très présents aux Etats-Unis, les « Serious Games » le sont un peu moins en France. Mais de plus en plus d'entreprises s'y mettent. Exemple de ce qui se fait de mieux en ce moment au niveau du Serious Game : le jeu PULSE. Il nous vient des Etats-Unis et c'est un logiciel destiné au milieu médical et plus précisément aux futurs médecins et infirmiers. En fait, la société BreakAway a reproduit un hôpital entier en 3 dimensions. Alors niveau graphisme, ça ressemble vraiment à un jeu vidéo, sauf qu'ici, on ne joue pas, on est dans des conditions qui se veulent les plus réelles possibles (son). Par exemple, nous sommes aux urgences, un patient vient d'arriver, il a eu un accident et pour le reste, c'est Doug Whatley, directeur du projet qui nous en parle (son). Ce jeu est pour le moment utilisé dans 4 universités américaines. BreakAway a également développé un jeu de simulation de catastrophe, un logiciel où l'on peut recréer en 3 dimensions n'importe quelle ville dans le monde et y simuler un énorme incendie, un attentat, un séisme. Un jeu que l'armée, la police, les pompiers utilisent aux Etats-Unis pour s'entraîner à réagir en situation de crise. En France, l'armée n'utilise pas vraiment ce genre de logiciel. L'armée s'intéresse aux "Serious Games" mais elle n'a pas du tout le budget pour ça. Le directeur de Breakaway n'a pas voulu donner le prix exact de ses jeux, mais ça se compte en centaines de millions de dollars. Du coup, là où aux Etats-Unis c'est l'armée qui a été le moteur du développement des "Serious Games" et bien en France, ce sont plutôt les grosses entreprises. C'est ce qu'explique Stephane de Buttet, co-organisateur de ce salon du "Serious Games" (interview). Réduire les coûts. On comprend que ça puisse séduire les entreprises. En France, on peut trouver des jeux pour apprendre à conduire des engins dans l'industrie lourde où le joueur, enfin l'apprenant, se retrouve comme s'il était dans la cabine de sa machine. Il y a également des jeux de simulation de situation de crise. La SNCF devrait, par exemple, former plus de 4000 de ces contrôleurs l'année prochaine grâce à un logiciel de simulation de feu dans un train. Et puis vous avez également des logiciels de management. Par exemple, la société DAESIGN a conçu un jeu de rôle virtuel - ça ressemble un peu aux SIMS pour ceux qui connaissent et on va par exemple se mettre dans la peau d'un manager lors d'un entretien avec l'un de ses collaborateurs. Sebastien Beck, PDG de la boîte, en explique le fonctionnement (interview). En France, le "Serious Games" n'est pas encore très développé en France, principalement à cause du prix. Un jeu fait "sur mesure" pour une entreprise coûte entre 250 000 et 300 000 euros. Ensuite, ça peut être des "Serious Games" plus génériques donc développés pour plusieurs entreprises du même type donc là c'est plutôt dans les 20 000 euros. Alors est-ce qu'on verra d'ici quelques années les "Serious Games" dans toutes les entreprises ? Réponse avec Emmanuel Forsans, directeur de l'Agence française du jeu vidéo (interview). Un dossier d'Hélène Chevallier.

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