C’est l’une des conséquences cachées de la crise du logement et du marché de l’immobilier : de plus en plus de couples séparés sont contraints de rester sous le même toit. Un cauchemar pour certains, cauchemar que cette jeune femme qu'on appellera Claire, a vécu pendant 2 ans. Quand elle décide de quitter le père de ses deux enfants après 10 ans de vie commune, elle est au chômage et avec 400 euros par mois, impossible de louer ne serait-ce qu'un studio décent. Alors elle imagine une 1ère solution : la garde alternée. Les enfants dans l'appartement du père, pendant qu’elle sous-loue une chambre minuscule. Intenable. Du coup, Claire se résout à retourner vivre dans l’appartement familial (interview). Tout rentre ds l'ordre quand Claire retrouve un travail. Elle obtient un HLM dans la foulée et récupère ses enfants. Avec le recul, elle se dit que plus jamais elle ne voudrait revivre ça (interview). Des situations qui s’expliquent en partie par l'effet conjugué de la crise et de la crise du logement. D’une part, il y a plus de précarité ; d’autre part, des loyers exorbitants ds les grandes villes, même pour un salaire de cadre. Pascal Anger est médiateur familial ds le 20ème arrondissement à Paris (interview). Facteur aggravant : la pénurie des logements sociaux. 1 million 400.000 demandes non satisfaites en 2008 selon la Fondation Abbé Pierre. Il faut dire que dans les années 90, les plans démographiques de l’INSEE n’avaient pas prévu les taux de divorce actuels. Autre explication : la baisse du marché de l’immobilier. Avec la chute des prix, de nombreux couples-propriétaires ont refusé de brader leur appartement. Et la nouvelle loi sur le divorce à l'amiable n’a rien arrangé. Violette Gorny, avocate et spécialiste du droit de la famille, explique pourquoi (interview). Enfin, n’oublions pas qu’une séparation coûte cher. 2.000 euros minimum par personne pour divorcer à l'amiable. Ce qui n'est pas à la portée de toutes les bourses par les temps qui courent. _____ Un reportage de Laëtitia Saavedra.

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