Un reportage signé Benoît Collombat L’ADN pourrait-il relancer l’affaire Boulin ? Robert Boulin, ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d’Estaing, retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet en octobre 1979. Un suicide, selon la justice. Un assassinat, selon la famille Boulin. Aujourd’hui, un haut magistrat s’exprime pour la première fois publiquement dans ce dossier. Cet homme, c’est Yves Corneloup. Un magistrat respecté, expérimenté, qui ne s’exprime jamais dans les médias. Il a été juge d’instruction pendant 14 ans, président de la Cour d’Assises de Paris dans les années 90, aujourd’hui conseiller à la Cour de Cassation. Yves Corneloup a la particularité d’avoir instruit l’affaire Boulin pendant 4 ans, dans les années 80, l’explosive affaire Boulin. En mars dernier, la famille du ministre avait demandé la réouverture de l’instruction auprès du Procureur général de la Cour d’appel de Paris, réclamant notamment des expertises ADN sur les lettres de suicide, controversées, attribuées à Robert Boulin. Une demande d’expertise rejetée, trois mois plus tard. C’est sur ce point précis qu’Yves Corneloup s’exprime aujourd’hui. Pour l’ancien juge de l’affaire Boulin, les tests ADN constituent des outils précieux qu’il faudrait appliquer à cette affaire. Interview d'Yves Corneloup Ce n’est pas la première fois que la famille Boulin demande la réouverture du dossier. En 2007, la réouverture du dossier avait déjà été refusée par l’ancien Procureur général Laurent Lemesle, ex-conseiller justice de Jacques Chirac. Malgré de nouveaux témoins qui sortent du silence, le parquet, dépendant du pouvoir politique, refuse toujours de désigner un juge d’instruction dans l’affaire Boulin. Dernier épisode en date : la disparition de scellés judiciaires, l’été dernier, retrouvés finalement un mois plus tard. Pour le magistrat Yves Corneloup, un juge d’instruction s’impose, de nouveau, dans cette affaire. Interview d'Yves Corneloup Réaction de l’avocat de la fille de Robert Boulin, Olivier Morice : selon lui, le refus des tests ADN par le Procureur général est désormais fragilisé par le témoignage d’Yves Corneloup. Interview d'Olivier Morice L’avocat révèle également avoir déposé une requête, le mois dernier, auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, pour faire condamner la France dans le dossier Boulin. Sur quelle argumentation se base le Procureur général pour refuser ces tests ADN ? François Faletti estime que les expertises déjà effectuées dans ce dossier sont suffisantes. Mais surtout, pour le Procureur général de la Cour d’appel de Paris, comme l’enquête n’a pas désignée de suspect d’un éventuel meurtre du ministre, des recherches ADN ne seraient donc d’aucune utilité. Un raisonnement qui scandalise Fabienne Boulin, la fille du ministre. Pour elle, l’absence d’ADN de son père sur les lettres démontrerait le maquillage d’un crime en suicide. Interview de Fabienne Boulin Dans l’affaire du meurtre du petit Grégory, la Cour d’appel de Dijon avait décidé, fin 2008, la réouverture du dossier, sur la base d’expertises ADN.### liens

Dossier spécial de la rédaction

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.