[scald=16053:sdl_editorrepresentation] Le 6 juin 44, les Américains débarquaient en Normandie. 64 ans après, Dieulfit dans la Drôme souhaite être reconnu comme « Juste Parmi les Nations », auprès du Mémorial Yad Vashem de Jérusalem. Entre 1940 et 1944, ce village de 3000 habitants s'est distingué en protégeant de nombreux juifs. Nous sommes à l'école de Beauvallon, au coeur de la vallonée Drôme Provençale. Depuis 1929, cet institut accueille des enfants au caractère dit difficile. Et pendant la seconde guerre mondiale, on y a également hébergé de nombreux juifs, envoyés par l'OSE, l'oeuvre de secours aux enfants, sous l'oeil des fondatrices de l'école, Catherine Krafft et Marguerite Soubeyran. Sa petite nièce, Nadine, évoque également le rôle clé d'une autre femme, secrétaire de mairie (interview). Et en haut lieu, les complicités ont fonctionné à plein. Jean Morin raconte, par exemple, que son oncle savait mais n'a rien dit. Son oncle, le colonel Pizot, maire de Dieulefit à l'époque, pourtant partisan du régime de Vichy (interview). Et tout Dieulfit a pris le relais en gardant le silence. C'est le cas des Morin, dont le papa, Henri, patron d'une draperie, fut le 1er des 7 Dieulfitois reconnus comme Juste, car il avait abrité une famille juive, tout comme les Plumel, hôtes d'une famille de maroquiniers parisiens. C'était rue des Reymonds, près du garage automobile familial. André, 81 ans aujourd'hui, nous raconte que ses parents avaient aménagé - de façon particulière - l'un des placards du salon (interview). Au total, plusieurs centaines de Juifs protégés. Plus d'un milier même pour certains. C'est ce que va tenter d'éclaircir une Association créée par l'historien Bernard Delpal, afin de récolter documents ou témoignages de survivants, même si beaucoup prônent la discrétion. Un travail indispensable, toutefois, pour faire reconnaître la commune comme « Juste parmi les nations ». En France, seul Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire jouit de cet honneur. L'armée nazie se doutait très probablement de ce qui se passait à Dieulfit, selon René Brusse, chef de maquis au camp de Perrière (interview). La Wehrmacht, déjà très occupée par la surveillance de la vallée du Rhône, s'apprêtait d'ailleurs à lancer une opération d'envergure sur Dieulfit, quelques semaines plus tard. Projet avorté, en raison du débarquement américain courant août 44 en Provence. Michel Schilovitz - à peine majeur - pourra enfin regagner Paris après presque 2 ans à Diuelfit (interview). ____LIVRE "Dieulefit ou le miracle du silence", Anne Valleys, aux éditions Fayard, 248 pagesASSOCIATION : Association Patrimoine, Mémoire et Histoire du pays de Dieulfit, c/° M.Bernard Delpal, Les Rouvières, 3091 - 26220 Dieulefit.

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