Les conséquences de la Guerre des Six jours influencent encore aujourd'hui la géopolitique de la région et les rapports entre Israéliens et Palestiniens.

Un tank israélien patrouille près d'une mosquée à Jérusalem-Est pendant la guerre de six jours en juin 1967
Un tank israélien patrouille près d'une mosquée à Jérusalem-Est pendant la guerre de six jours en juin 1967 © AFP / Pierre GUILLAUD

Il y a 50 ans, jour pour jour, Israël lançait la guerre des six jours, qui a profondément remodelé le paysage au Proche orient. Depuis, la Cisjordanie est toujours sous occupation. La colonisation s’est développée massivement et Jérusalem reste une ville partagée sous administration Israélienne.

A l’occasion de cet anniversaire, Etienne Monin a rencontré à Jérusalem des Palestiniens qui aspirent tant bien que mal à la normalité, en attendant une solution politique au conflit.

Quand on met les pieds dans le quartier d’Umm Tuba, on entre dans un musée du sous-développement, dans lequel Aziz Teir responsable de la communauté fait le guide, pour montrer la situation d’abandon dans laquelle ces Palestiniens se sentent prisonniers : "Regardez ces déchets là et ces trous", dit Aziz Teir. "Je leur ai demandé de reboucher au moins avant l’hiver. Ils n’ont rien fait. Ça créé de la frustration."

Umm Tuba est un quartier au sud de Jérusalem, dans la partie annexée de la ville, planté en face d’une colonie. Ici, les habitants sont en recherche de normalité. Apres 50 ans d’occupation, le goût de la revendication politique a disparu, explique Oleg Roma-Shouk, palestinien chef d’entreprise et agent touristique : "Combattre ? On ne fait pas de la politique nous ! Il y a des gens qui luttent sur le plan politique. Nous on se bat pour notre pain. On en est arrivé à un point où on pense seulement à nourrir nos enfants, les élever pas plus que ça.

On veut avoir des rues correctes pour rentrer chez nous. Savoir qu’on aura de la nourriture pour le lendemain. En hébreu ils appellent ça : l’espoir

Mais Umm Tuba se plaint de ne pas pouvoir obtenir les conditions de cette normalisation. Le sous-développement reste chronique, comme dans tous les quartiers palestiniens de Jérusalem, dit Aziz Teir : "On demande à ce gouvernement et à son ‘bras actif’ la municipalité de Jérusalem de nous donner certains de nos droits. On ne demande pas tous nos droits, on sait qu’ils ne les donneront pas, mais le village manque de tout donc on veut le droit d’avoir au moins une vie décente".

Les enjeux sont forts aujourd'hui autour de la souveraineté israélienne sur Jerusalem
Les enjeux sont forts aujourd'hui autour de la souveraineté israélienne sur Jerusalem © AFP / Ahmad GHARABLI

Les Palestiniens de Jérusalem sont plus nombreux aujourd’hui à demander la citoyenneté israélienne

Ils sont plus nombreux, mais les proportions sont limitées : un peu plus d’un millier de familles l’an passé. Et il y a un gros frein coté Israélien. Un tiers environs des candidats sont finalement acceptés. La citoyenneté c’est une façon de sortir de la précarité.

Les Palestiniens de Jérusalem ont un statut de résident et la ville, malgré le discours officiel, n’est pas unie, explique Amnon Ramon de l’institut de Jérusalem pour les recherches politiques : "Ce n’est pas de la coexistence, Mais on peut dire qu’on vit ensemble de façon séparée. Ce n’est pas une vie unifiée, mais pas non plus séparée. C’est entre les deux. Il y a des connexions entre les Juifs et les Arabes, les Israéliens et les Palestiniens. Par exemple, d’un point de vue économique, entre 40 et 50% des palestiniens de Jérusalem-Est viennent travailler à Jérusalem-Ouest".

Pourquoi est-ce que les Israéliens n’ont pas investis dans la partie-est de la ville pendant des décennies ?

Ça a été un choix politique, qui a évolué ses 10 dernières années. Il s’explique par la volonté de ne pas investir dans une partir de la ville qui aurait dû revenir aux Palestiniens en cas d’accord de paix.

Aujourd’hui les espoirs de paix sont maigres

L’enjeu de souveraineté sur Jérusalem est très fort. On l’entend dans les mots de David, jeune colon israélien, qui revendique avec les nationalistes religieux, la partie musulmane de la vieille ville, malgré la position de la communauté internationale qui défend un règlement négocié : "La communauté internationale peut dire ce qu’elle veut, comme à l’époque où on n’avait pas d’armée, où on était faibles", affirme David. "C’est notre droit d’être ici. Aujourd’hui il n’y a pas de partenaires pour négocier la paix en Palestine, ce sont tous des terroristes ou des terroristes déguisés".

Dans ce contexte le gouvernement viens de lancer un plan d’investissement dans la partie est de la ville : presque 50 millions de dollars pour des installations sanitaires.

► Demain : Les 50 ans de la Guerre des Six Jours, vus de la Bande de Gaza

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