Même s’il n’a jamais interrompu son activité pendant le confinement, le premier port français pour le commerce extérieur souffre de la crise liée au coronavirus : le trafic des conteneurs a chuté de plus de 30%.

2 juin 2020 - Navire de marchandises sur les quais de Port 2000 au Havre.
2 juin 2020 - Navire de marchandises sur les quais de Port 2000 au Havre. © Radio France / Yann Gallic

Le long du quai qui s’étend sur plus de trois kilomètres, les navires de marchandises se font rares. Ce matin-là, ils ne sont que deux à décharger leurs conteneurs dans un grand fracas métallique, avec l’aide des dockers, équipés de masques de protection. "Le port du Havre travaille beaucoup avec l’Asie, notamment la Chine", explique Johann Fortier, le secrétaire général du syndicat CGT des dockers du Havre : "La reprise est encore poussive. Il y a moins de travail que d’habitude". Malgré cette baisse d'activité, la plupart des 2 400 dockers du port continuent à travailler, même si aujourd’hui les plus précaires se retrouvent au chômage : "Les journaliers sont les plus pénalisés, précise Johann Fortier, il ne faudrait pas ça dure trop longtemps !".  

Les effets du confinement

Une inquiétude également perceptible au sein du patronat. Le port du Havre avait déjà été durement touché par le mouvement social contre la réforme des retraites jusqu’en février. Christian de Tinguy dirige le groupe Terminaux de Normandie, une entreprise de manutention portuaire qui emploie près d’un millier de salariés : "C’est maintenant que l’on commence à ressentir les effets du confinement. Notre activité a baissé de 40 à 50% par rapport à l’an passé à la même époque. Mais il y a de l'espoir. Si nous avons une solidarité nationale qui se met en place pour favoriser les ports français et si nous retrouvons une paix sociale durable, alors nous pourrons regagner des parts de marché."

Chaque année, près de trois millions de conteneurs transitent par le port du Havre.
Chaque année, près de trois millions de conteneurs transitent par le port du Havre. © Radio France / Yann Gallic

Afin de relancer l’activité, il faudra aussi maintenir les investissements. "Malgré cette crise, les 600 millions d’euros prévus sur les cinq prochaines années pour améliorer les installations portuaires ne sont pas remis en cause", promet Baptiste Maurand, le directeur général d'Haropa Port du Havre, établissement public de l'Etat.

Face à la vive concurrence des ports belges et hollandais notamment, le Havre compte désormais sur la solidarité nationale et le soutien du gouvernement pour rester l’un des premiers ports de marchandises en Europe.

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