violences à kramatorsk, dans l’est de l’ukraine
violences à kramatorsk, dans l’est de l’ukraine © reuters

En Ukraine, on a assisté tout le week-end à un regain de tension. La crise, jusqu'ici surtout diplomatique, a pris un tour violent. On l’a vu à Odessa, à Slaviansk, à Loughansk, où l'on compte désormais des dizaines de morts et de nombreux blessés. Et derrière tout ça, on devine la main de Moscou...

La Russie toujours montrée du doigt par les Occidentaux, accusée d’interventions secrètes et de jeter de l’huile sur le feu. Le dialogue existe, certes, mais il est difficile.

Sur place, les violences se poursuivent. Philippe Randé est l'un des rares journalistes présents à Slaviansk

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Faut-il parler pour autant d’un retour de la guerre froide ? Oui et non. Pendant plus de quarante ans, la guerre froide, c’était d’abord la confrontation entre deux blocs, deux conceptions du monde, le tout assorti de conflits réels : en Corée, au Vietnam ou en Afrique. Aujourd’hui, il y a un seul terrain de conflit, l’Ukraine, avec des manipulations, et une gigantesque opération de propagande.

Culturellement, la majorité des Russes considère que l’Ukraine appartient toujours à leur sphère d'influence. Alexandre Romanovitch, député de la Douma, en est convaincu. Il estime même que nous sommes bien entrés dans la guerre froide dès les premières sanctions après l’annexion de la Crimée, il y a un mois.

Une question de fierté

L'autre raison de cette réaction russe, selon Konstantin Von Eggert, politologue et éditorialiste, c'est que la Russie n’entend plus être ignorée ni moquée comme elle a pu l’être auparavant. C’est donc aussi, pour le pouvoir russe, une affaire de politique intérieure.

Car le régime de Vladimir Poutine est plus fragile qu'il ne le paraît. Selon le FMI, l’economie russe serait entrée en recession, et cela inquiète le pouvoir. Or c'est aussi un problème pour la France, puisqu'elle est le deuxième investisseur étranger en Russie.

Guerre froide ou pas, si la tension actuelle se dégrade encore (notamment avec les nouvelles sanctions économiques), certaines des 48 personnalités russes visées par ces sanctions annoncent déjà une guerre beaucoup plus chaude entre Russie et Occident.

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