En Israël, les tractations continuent pour la formation du nouveau gouvernement dirigé par le Likoud, le parti de droite de Benyamin Netanyahu. Les élections législatives du 10 février dernier ont été marquées par la déroute historique de la gauche et du Parti Travailliste d’Ehud Barak, avec seulement 13 sièges et 10% des voix. Un drame pour la gauche. Le parti travailliste, c’est le parti fondateur d’Israël, le parti de Ben Gourion, de Golda Meïr, une formation qui, pendant près de 30 ans, a gouverné Israël et qui depuis le mois dernier est devenue un parti d’appoint, la quatrième force politique du pays, derrière l’extrême droite d’Avigdor LIEBERMAN. Zeev STERNHELL est historien et professeur de Sciences Politiques. Selon lui, la déroute du parti travailliste était inévitable (interview). Dans la vie de tous les jours, les électeurs travaillistes reprochent à leur parti de ne pas tenir ses engagements et de chercher coûte que coûte à se maintenir au pouvoir. Elisha a 22 ans. Travailliste convaincu et critique, il trouve le parti SHASS ultra-orthodoxe, plus à gauche que les travaillistes (interview). La guerre à Gaza n’a finalement pas profité électoralement au parti travailliste et ce n’est pas facile de se lancer en politique dans le camp travailliste dans ces conditions. C’est pourtant ce qu’a fait Daniel BENSIMON. Il était éditorialiste au journal HAARETZ et il s’est présenté sur la liste travailliste. Il a été élu. Daniel BENSIMON explique la déroute de son parti par une spécificité israélienne, une étrange alternance entre les travaillistes et le Likoud ; les travaillistes, le parti des idées et de paix, et le LIKOUD, le seul capable de faire la paix (interview). Denis CHARBIT est politologue. Pour lui, la déroute du parti travailliste est culturelle, un parti élitiste qui s’est coupée de la société (interview). La question des leaders ou de la relève aujourd’hui au Parti Travailliste est un problème. Il n’y en a pas selon Zeev STERNHELL. Yitzhak RABIN a été assassiné et selon lui, Shimon PERES n’en a jamais été capable. PERES, le président israélien, a quitté le parti travailliste pour KADIMA en 2005, mais il reste une figure historique des Travaillistes (interview). Aujourd’hui, il faut former un gouvernement et Ehud BARAK n’a pas renoncé à faire partie de la coalition. Cela provoque un débat au sein du parti travailliste. Tout le monde est contre selon Daniel BENSIMON, sauf Ehud BARAK, dit-il, qui veut rester ministre (interview). Le prochain gouvernement devrait être formé la semaine prochaine. Sans Tzipi LIVNI et KADIMA, mais peut-être avec Ehud BARAK, le chef des travaillistes. Un reportage de Frédéric Barreyre, correspondant permanent à Jérusalem.

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